RAPOG on the go

Road to my first ultra

Ca va faire 2 mois que j'ai couru le Kodiak 50 miler. Une très belle expérience. Je suis sûre que je l'ai déjà dit ici, mais je vais me répéter. Pour moi, une course, ce n'est pas "que" la course en elle-même. C'est aussi l'entrainement qui va avec. J'ai besoin d'être autant, si ce n'est plus, enthousiasmée et motivée par cet entrainement. Je veux pouvoir l'apprécier tout autant que la course. Je ne pouvais donc pas vous parler de mon premier 50 miles sans vous parler de l'entrainement qui m'y a menée. Commençons par là.


Comme je vous l'ai dit dans mon précédent post, au début, je n'ai pas pris au sérieux cette idée de courir un 50 miles. Je savais que j'avais besoin de concentrer ma pratique de la course à pied sur quelque chose, mais faire une course ne me disait rien. Quand je n'ai pas de but (en général), je me sens inutile, triste et bougon. Du coup, même si je ne croyais pas au fait de réellement courir un 50 miles, me créer un plan d'entrainement pour et courir avec cette perspective ravivaient ma motivation. Au moins, une bonne chose à prendre. Honnêtement, je ne voyais pas comment je garderais cette motivation et cette envie jusqu'au bout. L'entrainement aurait raison de moi (surtout que la course à pied et moi, on jouait toujours au chat et à la souris). Je me suis donc lancée là-dedans sans aucune attente mais avec une règle ou promesse à moi-même : "tant que tu apprécies le training, tu continues, mais si, à N'IMPORTE QUEL MOMENT (un mois, une semaine, un jour avant la course), tu n'as plus l'envie ou ça devient une contrainte et non plus un plaisir, tu arrêtes tout". Aussi simple que ça. De plus, j'ajoute que je n'ai jamais envisagé ce 50 miles comme une course mais plutôt comme un très long run organisé.


Donc, commençons par le commencement. "Tu veux t'entrainer pour courir 50 miles ? OK. Allons voir de quoi il retourne." Google est devenu mon ami. J'ai lu des conseils. J'ai étudié des plans d'entrainement. J'ai bien vu le haut mileage. J'ai bien noté les back to back long runs ("25 miles un jour - 25 miles le lendemain... comment c'est possible ce truc-là ?"). J'ai décidé de la façon dont je voulais aborder mon entrainement. Et c'était parti.

5 jours de running par semaine, pas plus. C'est le bon ratio pour moi. J'aime avoir des matins où je me lève et je ne vais pas courir. 3 runs sur route (de la vitesse ou du tempo, du hill training, du "tranquilou bilou"). 2 runs sur les trails pour les long runs. Augmentation du mileage semaine après semaine. C'était le plan.


J'ai commencé l'entrainement en Mai. J'ai apprécié le fait de courir avec un but. Par contre, j'ai été immédiatement confrontée à un premier problème : courir seule sur les trails. Courir seule, j'y suis habituée et ça me va très bien. Courir sur les trails, je le faisais tous les weekends, avec le playboy. Et même si on partait ensemble, on ne courait que peu souvent côte à côte, mais on s'attendait l'un l'autre. Mais partir seule et courir seule sans personne devant ou derrière, c'est une autre histoire. La planification du run, le choix des trails, l'orientation une fois sur place : moi et moi seule. Ca ne me faisait pas spécialement peur mais faut bien avouer que c'est quand même un peu stressant au début. THE big issue a réellement été : la faune locale. Je n'y avais pas vraiment pensé. J'étais déjà habituée à courir sur les trails californiens. Je savais qu'il y avait des serpents à sonnette mais nous en avions "rencontré" (en réalité entendu) un une seule fois (et surtout parce que notre choix de trail n'avait pas été très judicieux). Premier trail run seule : 2 serpents. Ces bêtes-là me font une peur bleue. Réellement. Semaine suivante, changement de trails mais trails bien connus : mon 1er rattlesnake bien visible et rien qu'à moi. Sans en rajouter, j'aurais pu en pleurer. Et j'ai vraiment pensé qu'il m'allait être impossible de m'entrainer à cause de ça. Parcourir des miles et des miles de trails reculés, seule, avec une probabilité très grande de rencontrer ces gars-là encore et encore ?... Je ne m'en sentais pas capable. (L'hiver pluvieux nous avait ramené de belles herbes bien vertes et bien hautes sur les trails. Très très bien pour la Californie, moins pour moi.)

J'ai donc réfléchi à mon problème et trouvé une solution : même si j'adore courir sur les petits trails étroits, j'ai concentré mes itinéraires sur les fire roads. Elles sont généralement plus larges et entretenues, ce qui veut dire plus facile pour moi de repérer les serpents en avance. Je préfère ça à un serpent qui me glisse entre les pieds... (*chair de poule*).

(DANGER)

(Plus sûr)

Donc, j'ai persévéré. J'étais hyper tendue au début. Et sans mentir, si je fais une moyenne de tous mes runs, j'ai un pote reptile par run. Mon coeur battait la chamade plus que de raison et je scannais le trail devant moi comme une folle plus de fois que je l'aurais voulu, mais au fil des runs, j'ai fini par me calmer. Je ne peux pas dire que les serpents sont mes amis mais je m'y suis habituée. Ils font partie du jeu !

Y'a aussi les araignées et les scorpions... les araignées... (*chair de poule*). Mais je pense que vous vous doutez déjà qu'on est pas trop poteau non plus. Une ENORME araignée à mon actif, mais morte. 2 scorpions : un mort et un vivant. Donc, ça va, ça n'a pas été un vrai souci.


J'ai rencontré quelques autres contre-temps sur mon chemin. Le premier : je me suis foulée une tête des ischio-jambiers (gauches) début Juin. Je courrais sur les trails, fin d'un long run de 17 miles (je voyais ma voiture de là où j'étais), et, pof, j'ai senti une douleur dans mes ischios alors que j'étais en montée. Rien de fulgurant ou extrêmement douloureux mais assez pour m'empêcher de continuer à monter en courant. Repos puis essai de run qui s'est conclu en un aller puis un retour en marchant. J'ai pas tergiversé 30 ans (comportement inédit chez moi) et ai pris RDV chez un kiné. Heureusement, il n'y avait rien de bien méchant et j'étais de retour sur les trails une semaine après.

2 semaines après cet incident, je suis allée manger la poussière et les cailloux de mon trail préféré. Je suis tombée et me suis redécorée les 2 genoux et le côté droit. J'imagine que le but était d'ajouter un peu de fun à ma cicatrice sur le genou droit (souvenir de ma chute de l'été précédent) et de ne plus faire de jaloux en ajoutant le gauche cette fois-ci. Heureusement, rien de cassé et pas besoin de points. J'étais à la fin d'un run de 24 miles... à 0.5 mile de ma voiture (z'avez-vu comment mon corps planifie bien ses bêtises ?). C'est seulement après quelques heures que j'ai senti une douleur sur le côté droit de ma poitrine. J'ai immédiatement pensé à un bleu mais j'ai réalisé plus tard (quand je n'ai plus réussi à rire, respirer fort ou éternuer sans douleur) que le problème venait plutôt de mes côtes. Je n'ai pas pu courir pendant une semaine car je ne pouvais pas plier les genoux et ma côte était trop douloureuse. Il m'a fallu quelques semaines avant de ne plus sentir ma côte du tout.

Ce sont des choses qui arrivent. Rien de grave. Le fait est que j'ai été très surprise de ma façon de les prendre. Pas d'énervement. Pas de drama queen moments. Pas d'apitoiement. J'suis pas fière de vous dire que c'est plutôt ça, habituellement, ma façon de réagir aux contre-temps... Je pense que ce qui a fait la différence c'est que je n'ai pas réfléchi en avance, pas anticipé tout comme je le fais toujours. J'ai juste pensé à une étape après l'autre et pas à la grosse entreprise que c'était en entier (trop effrayant). "Si, au final, je réussis à courir un 50 miles, tant mieux. Sinon, j'aurais au moins essayé." (Maturité, âge ou quoi ? Cela va t-il durer ? Aucune idée. Mais j'ai apprécié !)


A côté de ça, j'ai démarré, en Mai, une formation pour devenir prof de Pilates (formation en 2 grosses parties). Ca se déroulait sur plusieurs weekends (chaque weekend, Samedi et Dimanche en entier). Je ne m'étais inscrite qu'à la première partie avec l'intention de faire la deuxième un peu plus tard (je voulais avoir le temps de bien assimiler avant d'en rajouter une couche). Finalement, j'ai changé d'avis et continué dans la foulée pour garder le rythme et rester dans la dynamique de l'apprentissage. La deuxième partie se tenait en Août. Pic d'entrainement pour le 50 miles.

Ca impliquait donc de modifier mon petit plan bien ficelé... ce qui m'aurait habituellement ennuyé et fait douter. Pas cette fois. Ben ouais, pas bien grave, toufasson, j'allais pas vraiment arriver à m'entrainer jusqu'au bout... pas vrai ? Quoiqu'il en soit, j'ai été flexible.... je répète : FLEXIBLE... moi... LOL.


En parlant d'être flexible, je n'ai pas hésité à ne pas suivre ma semaine type pendant mon pic d'entrainement. Pratique intensive du Pilates et des semaines à 70 miles de course (ce qui n'est rien pour certaines personnes mais qui ont été mes plus grosses semaines de tous les temps)... mon corps était fatigué. Donc, pas de speedwork et/ou de hill training si je ne le sentais pas ET j'étais totalement OK avec ça. (Que m'arrive t'il ??!!)


Sinon, il est temps de parler des back to back long runs... ces petites choses font vachement peur ! Au tout début, quand je planifiais le truc, c'était que de la théorie ces histoires. J'étais tellement sûre que je ne tiendrais pas jusqu'à réellement devoir courir 25-20 ou 25-25 ou même le run de 30 miles. C'était loin, fortement improbable et ça m'allait très bien. Et puis, l'entrainement s'enchaine, semaine après semaine. Le mileage grimpe. Et boum, sans prévenir, les back to back long runs inenvisageables sont là.

La première fois que le menu du jour est de 26 miles (un marathon...), le seul moyen est de se persuader que, non vraiment, c'est rien. D'autant plus que le lendemain, on ajoutera 16 miles pour pimenter la chose. Mais, zut, c'est pas rien quand même ! Mais ce n'est que le début...

Parce que quelques semaines plus tard, on s'élance sur les trails pour 25 miles sachant qu'on se refera la même le jour suivant. La même distance... 25 miles... le jour suivant. Je me souviens très bien de celui-là. Après le premier run, je n'avais aucune espèce d'idée de comment mon corps allait réussir à recourir 25 miles le lendemain. Je suis allée sur mes trails préférés. J'ai couru. Marché au besoin. Et j'ai refait la distance. J'étais impressionnée de ce que mon corps pouvait faire!

De plus, laissez moi vous dire que 7 miles, je suis d'accord, ça semble facile comparé à tout ça. MAIS tout est relatif. Ce run de 7 miles que j'ai fait avec le playboy le jour suivant mon plus long run de tous les temps (30 miles) a été un des plus difficiles de ma vie. N'a pas aidé : un playboy frais comme un gardon, se prenant pour un cabri des montagnes devant moi.


Même s'il est vrai que j'étais beaucoup plus sereine qu'à l'accoutumée, ce n'est pas pour ça que je n'ai pas cherché à m'entrainer au mieux... au cas où, sur un malentendu, je me retrouverais au départ de cette course. Donc nous sommes allés repérer les lieux du crime, à deux reprises. Nous avons profité d'un weekend prolongé en raison du 4 Juillet. Et nous y sommes retournés pour participer à un training run organisé par le directeur de la course. Chaque fois, sur la route montagneuse qui montait et zigzaguait en direction de Big Bear Lake, j'avais les pétoches... parce que les choses devenaient concrètes. Mais une fois de retour chez nous, pouf, c'était oublié. Mon esprit continuait à bloquer l'information.


Au final, cet entrainement a été particulier, pas abordé comme d'habitude, plus zen et beaucoup BEAUCOUP moins dans l'anticipation. Pour moi, une course ne doit pas effacer l'entrainement fourni pour en arriver là. C'est encore plus vrai cette fois. Tous ces miles bouclés seule sur les trails. Cet état dans lequel me mettait mes rencontres avec les serpents... et mon état maintenant. Ces séances de speedwork transformées en easy run, et mes runs non faits car blessée qui ne m'ont pas perturbé plus que ça (la sagesse, j'vous dis !). Et ces back to back long runs qui me semblaient complètement impossibles... mais que j'ai fait. Et quand l'entrainement a été terminé, j'étais fière de tout ça. Et peu importe ce qui allait se passer, course ou pas course, le jour de la course, ligne d'arrivée ou pas ligne d'arrivée... ma plus grosse peur était d'être déçue. Je ne voulais pas que cela arrive. Même sans courir un 50 miles, cet entrainement devait rester un accomplissement en soi.



C'est pourquoi j'ai gardé tout ça bien en tête. C'est à ça que je pensais, fin Août, en arrivant à Big Bear Lake. C'est à ça que je pensais, le vendredi, quand je suis allée chercher mon dossard. J'ai bien noté qu'il y avait plus d'impatience en moi que de peur. Mais je n'en ai rien dit (aucune intention de revivre la déception de Boston). Et quand le réveil a sonné, à 2h30 du matin, samedi 26 Août, je me suis permise d'y croire vraiment. J'allais me mesurer à un 50 miles et j'étais prête.



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