RAPOG on the go

Summer '16: Des sangliers, un caillou, un genou, et un visa

Bien que les températures matinales de plus en plus fraîches nous font bien comprendre que, oui, l'automme est bel et bien là, moi je reviens sur mon été 2016. Ah, l'été 2016... comment le résumer ? En demi-teinte, c'est le moins qu'on puisse dire.

Niveau sportif, l'été a suivi le chemin de mon printemps difficile. Pas une partie de plaisir. J'avais pas lâché l'affaire, mais un caillou a sonné la fin du combat. KO, direct.

Des sangliers, un caillou et un genou

Le spécialiste des chutes, en courant, c'est le playboy. Je ne compte plus les fois où il s'est retrouvé par terre. On en a toujours ri car il ne s'est jamais fait mal.

Moi, je n'étais jamais tombée. Mais un certain mercredi matin d'août est venu changer la donne. Et bien sûr, je n'ai pas fait les choses à moitié.

J'étais partie sur un long run. Long run dans tous les sens du terme... je ne vous refais pas un topo sur ma nouvelle forme runninguesque. Pour éviter de me déprimer en pouvant comparer, j'ai pris l'habitude de courir majoritairement sur trails. C'est pas un rythme constant. On va forcément plus doucement. En prime, y'a pas de voiture.

Pas de voiture, oui, mais d'autres dangers : la faune locale, aka les sangliers. J'avais fait ma première rencontre avec toute une troupe, quelques semaines avant. Sans blaguer, ça m'a gravement fichu la trouille. C'est pas petit, ces bêtes-là. Et quand on voit les dégâts qu'ils font sur les sols et la végétation... mieux vaut ne pas trop les chercher.

Ce mercredi, donc, je courais sous le soleil, prétextant une photo ou un snap pour justifier mes multiples arrêts. Et pof, j'ai aperçu 2 sangliers me surplombant, juste à côté. Mon sang n'a fait qu'un tour, mais le leur aussi. J'ai déguerpi d'un côté et eux de l'autre. Pour me remettre de mes émotions, je me suis arrêtée quelques minutes plus tard pour tout vous raconter sur Snapchat (je m'y suis mise en Juillet et, depuis, je blablate pour votre plus grand plaisir, j'en suis certaine : MarjolaineRAPOG, per usual).

Puis je suis repartie, encore un peu perturbée. J'étais aux aguets. Je connaissais le sentier, découvert cet été. Est arrivé le passage caillouteux du parcours : une montée qui allait m'offrir une superbe vue sur les vignes et les pins parasols à l'horizon.

Et mon pied droit a rencontré un rocher. J'ai perdu l'équilibre. Je me souviens très bien que, pendant la chute, j'ai réalisé que c'était trop tard, je ne me rattraperais pas. Je suis tombée. Mon épaule et mon genou droits ont heurté les rochers. Ca n'a pas été violent ou douloureux. Je me suis de suite tournée sur le côté, pour me mettre sur le dos. J'ai vu mon genou... et j'ai compris que le run était terminé.

C'était ouvert très nettement, jusqu'à l'os. J'ai réagi immédiatement en remettant la peau sur l'os, refermant ainsi la plaie. Surtout éviter de trop saigner.

2e réflexe : appeler le playboy. Nous vivons à la campagne et n'avons qu'une voiture. Voiture utilisée par le playboy pour aller au travail, à 25 min de là. Il allait devoir venir me chercher pour aller aux urgences. Autant qu'il prenne de l'avance le temps que j'évalue un peu mieux la situation.

Faut que vous sachiez, je suis un peu une chochotte. Le sang, le médical, toussa toussa, j'suis pas très à l'aise. Pour le coup, je suis restée hyper calme. Seule, sur les trails, à minimum 2 kilomètres de la 1ère route, j'avais pas l'intention de finir en festin pour sangliers !

Très calmement, j'ai dit au playboy : "Je suis tombée. Je me suis ouvert le genou. Il va me falloir des points. Viens me chercher pour m'amener aux urgences." J'avais pas encore réfléchi au moyen pour le playboy de m'atteindre, ou moi d'atteindre la route.

C'est quand le playboy m'a demandé plus de précisions que la situation a un peu plus tilté. Le contre-coup, certainement, j'ai failli tomber dans les pommes. Je me suis allongée sur le côté et c'est passé. Merci la formation aux premiers secours !

J'ai fini par me demander si j'étais capable de bouger mon genou, puis de me relever, puis de marcher. Ca m'aurait ennuyé de devoir appeler les pompiers pour être récupérée. Tout ça parce que j'avais trébuché...

J'ai pu me relever. Je ne sais pas vraiment comment, j'ai réussi à me déplacer en évitant de trop bouger le genou. J'ai trouvé un sentier me permettant de couper à travers les vignes pour retrouver la route (merci Géoportail et la 3G).

Clopin-clopant, j'ai descendu les sentiers pleins de cailloux et j'ai atteint la route. Aucune idée de comment j'ai fait ça, mais j'y suis arrivée. Une voiture est passée sans s'arrêter. Visiblement, une fille au genou ensanglanté, sur le bord de la route, c'est pas plus perturbant que ça (ou ça fait peur...).

Résultat des courses : 6 points de suture, rien de cassé, 2 semaines d'arrêt total de sport avant d'enlever les points. Au final, il m'aura fallu un mois complet pour pouvoir recourir, et quelques semaines de plus pour le vélo et la piscine (je ne pouvais pas immerger le genou avant que la plaie ne soit totalement refermée). Et c'est que ça faisait mal cette affaire.

Le jour de la chute, j'étais arrivée à redescendre du trail, à marcher aux urgences, mais après coup, je ne pouvais plus me déplacer. Impossible de plier le genou ou même de l'activer. Essayez d'activer votre cuisse, sans activer le genou. Pas possible.

Rester sans bouger ? Nope. Dès le lendemain, je me déplaçais tant bien que mal. D'abord à reculons, en trainant la jambe. Puis, sur le côté. Toujours en trainant la jambe. C'était folklo à voir.

Je me suis mise à la randonnée. Habituellement, c'est loin d'être ma grande passion. Mais il m'était impossible de rester sans rien faire. Et j'y ai pris goût ! Je partais en vadrouille : mission ramassage de mûres, de thym ou de romarin (ou visite du Pokéstop du village).

En tout, ça m'aura quand même pris un mois pour remarcher normalement. Maintenant, il n'y a vraiment que quand je plie à fond à fond que je sens que ça tire, et la peau au niveau de la plaie est encore sensible.

Ma blessure de guerre sera toujours là pour me rappeler mon été dans la campagne héraultaise, entre les cailloux et les sangliers.

Un visa

L'été 2016 restera important aussi, pour le playboy et moi, pour une autre raison majeure scellée par une visite à une certaine ambassade, à Paris.

L'ambassade des Etats-Unis.

Le 7 Septembre, nous avons finalisé notre parcours administratif pour pouvoir enfin considérer les Etats-Unis, et donc la Californie, comme notre chez-nous.

La suite ?

Derniers papiers reçus, déménagement international à organiser, le début d'automne a eu une saveur déjà bien connue. Mais, cette fois, on espère bien ne pas le revivre de si tôt.

Nos affaires sont en transit, quelque part sur un paquebot. Rox (mon petit vélo) se dore déjà la pilule sous le soleil californien. Il y a une semaine, le playboy et moi avons dit au revoir à notre vie paisible, dans la campagne montpelliéraine. Puis nous avons débarqué, nos 6 valises et les dernières affaires à distribuer sous les bras, chez mes parents.

La tournée des au revoir a démarré. On connait cette situation. On a déjà fait. Plusieurs fois. Ca ne la rend pas plus facile... au contraire. Mais on assume notre choix. Vouloir vivre à des milliers de kilomètres demande des concessions.

Je vais notamment laisser derrière moi ma sœurette, souffrant d'un mal étrange qui lui fait pousser le ventre. Nos soupçons se portent sur l'aérophagie...

(Nan, en vrai, y'a une p'tite miss qui grandit à l'intérieur et qui viendra compléter notre team de choc. Bien évidemment, sa tante préférée (MOI) a déjà prévu de lui apprendre à courir, nager et faire du vélo. Minimum.)

Ces derniers jours, nous nous sommes échappés dans le Sud Est pour un dernier road trip sur les petites routes provençales typiquement françaises. Et il sera l'heure de monter sur Paris, faire un crochet à Reims pour voir les parents du playboy, et enfin, prendre l'avion, dimanche.


Californie, nous revoilà ! Je vais troquer les cailloux pour la poussière, et les sangliers pour les serpents à sonnette.
Prêts à retrouver le ciel bleu californien avec moi ?


Ce serait sympa qu'on soit un peu plus nombreux par ici : chaîne YouTube. Abonnez vous !

Et n'oubliez pas de me suivre sur Instagram, Facebook, Pinterest et Hellocoton.

Prochaines courses

  • NONE

Miles / km

  • 1 mile = 1.6 km / 1 km = 0.6 mile
  • 5K = 3.1 miles
  • 10K = 6.2 miles
  • half marathon = 13.1 miles = 21.1 km
  • marathon = 26.2 miles = 42.2 km