RAPOG on the go

Repartir à zéro... et y rester

L'avertissement subit de l'avant-marathon de Boston. Puis le marathon de Boston. Une bouffée d'oxygène pendant les 2 semaines de vacances qui ont suivi. Puis retour en France. Mauvaises sensations, aucune vitesse, aucune endurance, aucun mental. Encore et encore. "C'est normal. Ca va revenir." Sauf que, c'est jamais revenu. Et des mois après, l'envie de courir est toujours là, mais chaque run est une lutte. Je ne sais plus courir.

J'ai commencé ce post fin Juillet, avant que mon genou droit n'ait eu la bonne idée d'aller embrasser une roche bien aiguisée. Résultat : j'ai eu l'opportunité d'observer ma rotule (pas donné à tout le monde), et j'ai gagné 6 points de suture et 3 semaines d'arrêt total de sport (heureusement, rien de cassé). Nous sommes fin Août, je peux recourir depuis la semaine dernière. C'est forcément difficile. Et j'ai envie de croire que c'est juste la difficulté normale après 3 semaines sans courir. Quoiqu'il en soit, ce que je partage dans ce post ne concerne que mes sensations d'avant la chute. Je ne peux pas encore dire ce qu'il en est maintenant.
C'est parti, retour fin Juillet.

Etat des lieux

Ca fait 3 mois que je cours avec les sensations d'une débutante. Rappelez vous ces premiers runs qui nous font nous interroger sur la sanité d'esprit des "gens qui adorent courir". Voilà, j'en suis là. Et malgré ma persévérance et ma régularité, il n'y a pas de franche amélioration. Y'a 3 mois je courais un marathon, et pas n'importe lequel, celui de Boston. Aujourd'hui, courir 10K est une épreuve d'endurance que je n'arrive même pas à accomplir sans m'arrêter à de multiples reprises.

Soyons clairs : je ne prends pas ça bien. Du tout. Je me sens diminuée. On m'a enlevé une part importante de moi. Y'a eu un RESET du système. Je ne sais pas comment faire RESUME.

En premier lieu, il y a les sensations. C'est ce qui est le plus difficile à avaler. Je VEUX aller courir. J'ai ENVIE de courir. Pourquoi ? Parce que je sais ce qu'est "un bon run". Sortir de bon matin, commencer à courir, profiter des belles lumières matinales, sentir ses muscles travailler, son souffle court, et être juste bien, dans sa bulle. Maintenant, je sors courir. 4-5 foulées et je sens que ça ne va pas. C'est dur. J'ai mal aux jambes. Je ne suis pas dedans. Je n'ai pas d'énergie. Faut y aller doucement. OK, mais plus doucement reviendrait à marcher. Et au bout de 5K, il faut que je m'arrête. J'ai le souffle court. Je suis fatiguée. Je repars et 1 km plus loin, je dois m'arrêter une nouvelle fois. Et ça continue comme ça, jour après jour, run après run.

Et puis, y'a la vitesse. Oulala, je vous vois déjà brandir les armes. C'est pas le problème. OK. Mais, malheureusement, je SAIS (ou du moins je savais) quelle était ma vitesse normale. J'ai des repères. En gros, je mets 1 minute de plus pour faire un mile (1.6 km). Alors, oui, j'ai arrêté de porter ma montre. Mais ça change rien. Je SAIS que je vais doucement. Et le pire est que même en allant plus doucement, c'est toujours dur et c'est toujours pourri (et je m'arrête toujours autant). Alors, je veux dire, à un moment donné, que je voie ou pas ma vitesse ne change pas grand chose. Moi, je vois un truc : y'a un souci.

Je ne sais plus courir. Je ne sais pas pourquoi. Ca me déprime. J'ai un playboy qui ne comprend pas bien et essaie juste de relativiser en me disant "au moins, tu peux courir". Est-ce que j'ai le droit de dire que je ne veux pas me contenter de courir avec des sensations pourries ? Même à allure escargot ? Est-ce que je dois me résoudre à abandonner l'idée de faire de l'endurance ? Est-ce que je dois être OK avec ma nouvelle distance maximale de 5K sans arrêts ? Peut-être. Mais je sais pas faire.

Actions et solutions ?

Bien évidemment, j'ai cherché des explications. Et, oui, s'entrainer et courir un marathon n'est pas anodin. Mais ne voir AUCUNE amélioration des mois après ?

Soigner le corps

J'ai repris progressivement, après le marathon. Je n'ai pas fait une coupure nette. J'ai jamais fait ça avant. Je crois l'avoir fait de façon intelligente, mais forcément, tout me fait douter. 2 semaines après le marathon, nous étions à NYC et j'ai tenu à aller courir tous les matins dans Central Park. J'ai adoré et je courais "comme d'habitude". Et maintenant je m'interroge : "Tu n'aurais pas dû. Ca t'a tuée. Tu t'es pas rendue compte." Mais, au fond, qu'est-ce que ça peut bien faire ? 3 petits runs parce que, mince, j'étais à Central Park et j'aurais dû m'en priver ? Ouais, j'en suis là. Je sur-analyse tout.

j'ai varié les sports, pour laisser mon corps se reposer de la course à pied. Plus de natation, plus de vélo. Eviter le plus possible de courir 2 jours d'affilée. Au début, même si mes sensations en courant étaient toujours pourries, je pouvais me consoler sur mon vélo sur lequel tout se passait normalement. Et puis, j'ai commencé à avoir les mêmes sensations de baisse d'énergie, en vélo. Déprimant.

J'ai testé l'arrêt total de course à pied. 10 jours sans courir (mais pas sans sport). Je ne l'ai pas fait de bon coeur car J'AIME courir. Mais si c'était ça le remède miracle ? Ca ne l'a pas été. Aucun changement positif à signaler. Alors à quoi bon me priver ?

J'ai noté que je me sentais mieux (relativement...) sur mes runs quand je n'avais pas fait de sport la veille. Alors j'ai arrêté le vélo. A contre-coeur. Mais dans l'idée de retrouver, en premier lieu, ma forme en course à pied avant de réintroduire, progressivement, le vélo.

Soigner la tête

J'en suis arrivée à me dire que c'était dans ma tête. Et c'est peut-être bien le cas. Je ne sais pas. Alors j'ai essayé de me recentrer sur ma joie de courir. J'ai arrêté de porter ma montre de running. Je ne pense pas être obsédée par les chiffres, mais il est certain que voir mon allure ne me fait pas particulièrement du bien au moral.

J'ai l'impression de ne plus savoir me pousser, ne plus savoir ce qu'est l'effort et être devenue "a quitter". (Comment qu'on traduit ça en Français, les gars ?) Ce que je veux dire c'est que je me demande si je n'abandonne pas trop facilement. En gros, je suis devenue une chiffe molle. Ca m'attristerait fortement, mais c'est peut-être ça le problème.

Alimenter la machine

Et la récup, niveau alimentation ? J'ai beau réfléchir, je ne vois pas vraiment où ça aurait pu pêcher. J'ai bien mangé, les semaines après. Généralement, mon corps sait me dire ce dont il a besoin. Et, je pense savoir l'écouter. Et, en temps normal, je pense manger équilibré. Ce n'est pas un sacerdoce. Ce n'est pas une contrainte. Le playboy et moi aimons cuisiner. La nutrition, ça m'intéresse. C'est donc naturellement que je me documente sur ce sujet.

Je n'ai jamais parlé du fait que le playboy et moi sommes végétariens. Disons que le côté "mode/healthy" du végétarisme m'agace depuis que nous sommes rentrés en France. Ca me gonfle qu'on fasse le raccourci : "Etre végétarien, c'est bien se nourrir." Et penser que plein de minettes (et minets) vont se lancer là-dedans du jour au lendemain sans se renseigner et sans avoir réfléchi ce choix m'ennuie fortement. On peut être végétarien et mal se nourrir. On peut être omnivore et manger très équilibré. L'essentiel est de REFLECHIR par soi-même et de faire ses propres choix.

Bref, si ça vous intéresse, on pourra en reparler. Mais en aucun cas je veux utiliser mon choix d'alimentation pour qu'on me colle une étiquette "healthy" sur le dos, ou que ce soit vu comme "posh" ou "bonne élève". De plus, je ne suis pas nutritionniste donc je ne fais pas mieux que les autres, juste, j'essaie de me renseigner au mieux.

Une piste ?

Alors pourquoi je vous en parle ici ? Parce que nous avons peut-être trouvé une cause à ma fatigue en lien avec mon alimentation. Je suis végétarienne. Ok. Mais notre réflexion a continué et, progressivement, nous avons fini par cuisiner végétalien, chez nous. Dans un régime végétalien, il y a une seule chose qui ne peut pas être fournie par l'alimentation : la vitamine B12. Il faut donc, soit se complémenter, soit utiliser des produits enrichis (par exemple : des laits végétaux). Nous n'avons pas besoin d'un gros apport journalier de vitamine B12 mais cette vitamine est essentielle au bon fonctionnement de l'organisme.

Tout ça, nous le savions. Nous savions aussi que, sans aucun apport, nous sommes sensés avoir un stock de vitamine B12 pour 3 ans.

Aux USA, la majorité des produits végétariens et végétaliens sont enrichis en B12. En France, ce n'est pas aussi systématique. C'est en rentrant en France (il y a un an) que nous avons commencé à cuisiner totalement végétalien. Donc, oui, j'ai pensé à la vitamine B12. Mais cette histoire de stock pour 3 ans m'a permis de tomber dans ma passion dans la vie : tout comparer, réfléchir, tergiverser pendant 30 ans... et ne pas faire de choix.

Quand j'ai eu un gros coup de fatigue, juste avant le marathon, j'ai de suite psychoté sur la vitamine B12. Le playboy s'est gentiment moqué de moi en me rappelant que ce n'était pas en quelques mois que j'allais être carencée. Finalement, y'a eu le marathon puis l'après-marathon. Ca n'allait toujours pas. Je suis allée faire une prise de sang en demandant spécifiquement de tester, aussi, ma vitamine B12. Résultat : j'étais en carence.

Cette carence vient d'où ? Nous n'en sommes pas certains. Mon régime alimentaire joue forcément. Mais d'autres facteurs entrent aussi en jeu. Il est possible que je n'assimile pas bien la vitamine B12. La pratique du sport fait que je "brûle" plus de B12 que la moyenne (l'organisme est plus sollicité). Même avant de devenir végétarienne, je ne consommais que peu de viande (et pas les viandes les plus riches en B12). Attention, ce ne sont que des suppositions. Mais il y a forcément un facteur autre que le végétalisme car le playboy n'est, lui, pas en carence.

Donc voilà une cause possible au fait que je n'arrive plus à courir "normalement" depuis des mois. Mon docteur n'est pas convaincu qu'on puisse tout mettre sur le dos de la vitamine B12. Moi, j'avais envie d'y croire. J'ai suivi un traitement pour sortir de la carence. Mon taux est revenu à la normale. J'ai arrêté les tergiversations stupides et je me complémente donc maintenant en vitamine B12. Pendant le traitement, je n'ai pas vu de franche amélioration. J'en étais toujours au même point. Je sais que ça prend un peu de temps (mais je ne suis pas patiente). Et puis je suis tombée. J'ai dû arrêter tout sport. Il va m'être difficile, maintenant que je reprends, de faire la différence entre "difficulté normale d'une reprise" et "difficulté autre".

Donc...

Une chose est certaine : je ne sais plus courir comme avant. C'est frustrant, d'autant plus que malgré ma persévérance, aucune amélioration n'était en vue. Une part de mental là-dessous aussi ? Alors, maintenant que je me suis shootée à la B12 et que mon genou est sur la voie de la guérison, j'aimerais bien que la tête suive.


Je voulais expliciter le tout ici. Ca sert aussi à ça, un blog. Tout n'est pas toujours tout rose. Parfois, un grain de sable vient faire enrayer la machine. J'adore la course à pied. C'était mon sport de prédilection. J'ai envie de renouer avec lui. J'ai essayé d'attaquer le problème par tous les angles que je voyais. D'autres regards, des retours d'expérience ? Ils sont les bienvenus.


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