RAPOG on the go

Boston Marathon 2016

Donc, j'ai couru le marathon de Boston. Le 18 Avril. Il y a plus d'un mois. Je n'ai jamais été rapide pour vous parler de mes courses. Celle-ci a pris encore plus de temps car je pense, au fond, que je n'avais pas trop envie de m'y replonger... jusque-là. Il est temps de vous en dire plus sur cette course qui a tenu ses promesses sur une chose : courir Boston est une expérience qui restera gravée.

LA VIDEO

Avant les mots, la vidéo. J'ai voulu vous faire suivre jusqu'au bout. Pour cela, j'ai filmé (ou plus souvent, le playboy a filmé) mon aventure Boston Marathon. J'avais imaginé ça beaucoup plus joyeux, exciting, fou-fou. Mais, pas de triche, ça reflète ce qu'a été, pour moi, ce marathon.



Et maintenant, voici toute l'histoire.


THE FULL STORY

Introduction

Si vous me suivez sur Instagram (c'est par là pour les retardataires : marjolainerapog), vous savez déjà que cette course a été très difficile pour moi. L'expérience de course la plus difficile, pas moins. Et même avec un mois derrière moi, non, je n'ai pas oublié et, oui, elle est toujours classée #1 (des courses les plus dures de ma vie !).

Mais, mais, mais... j'en retire maintenant un peu de fierté. Ca n'était pas le cas, juste après. J'ai couru Boston. J'ai terminé mon 2e marathon. Ca a été dur. C'est le jeu. J'ai quand même été au bout de ce que je pouvais faire ce jour-là. Des remords peut-être, mais plus de regrets.

L'avant-marathon

A photo posted by Marjolaine (@marjolainerapog) on


Se qualifier pour Boston, s'inscrire, être acceptée, c'est déjà une victoire en soi. Ensuite, vient la logistique : voyage, hôtel. Et dans le lot, on case l'entrainement, ça serait trop facile sinon.

Mon entrainement a été parfois en dents de scie. Des moments où j'étais super à fond, et d'autres où j'avais perdu le focus. Des long runs sur un petit nuage, et des long runs sur lesquels, dès le 1er mile, je savais que je n'étais pas dedans et n'y serais jamais. Et tout ça, sans arriver à trouver une explication.



Je ne sais pas si vous l'avez ressenti sur les réseaux sociaux, mais, à une semaine du marathon, tout est parti en cacahuète. Enorme fatigue. D'un coup. Je me sentais faible, au point, parfois, d'avoir l'impression d'être au bord de l'évanouissement. Et avec ça, l'excitation de courir ce marathon s'est faite la malle.

Panique, forcément. On n'allait pas tout annuler ! Le playboy et moi étions sensés prendre l'avion le jeudi. On était le week-end juste avant. Comme je ne suis pas quelqu'un de super zen et super confiant en soi, mon entourage a essayé de me convaincre que, tout ça, c'était dans ma tête.

Ok. D'accord. On souffle. On respire. En prime, je n'étais pas dans la bonne période du mois. Excusez les détails, mais, moi, ça m'affecte beaucoup. Pendant des jours avant mes règles, je suis fatiguée, je dors mal et je ne me sens pas bien. Et, oui, une semaine avant le marathon, j'étais pile dans cette période. Je le sais, mais, sur ce coup, c'était vachement plus fort que d'habitude.

Le mardi matin, dernier "long run" avant le marathon, j'étais dans mon lit en train de pleurer et dire au playboy que, non, je n'avais pas envie d'y aller, que je me sentais trop faible et que je n'avais aucune idée de comment j'allais réussir à courir un marathon dans une semaine !

J'ai pensé à un virus. J'ai pensé au sur-entrainement (mais je ne me suis pas plus entrainée que pour mon triathlon, par exemple). J'ai pensé à un entrainement trop long (mais je me suis toujours entrainée sur de longues périodes et j'aime ça comme ça). J'ai pensé à une carence quelconque. Trop tard pour aller faire des examens. Le playboy m'a donc ramené un stock de vitamines.

Finalement, j'ai fait mes derniers runs. Mes règles sont arrivées (ne me remerciez pas de ce détail, c'est gratos). Et je me suis convaincue que, à partir de là, tout allait rentrer dans l'ordre. Comme d'hab.

On a pris l'avion le jeudi 14 avril. On a atterri à NYC où on a passé une nuit. Le vendredi matin, je suis allée me dégourdir les jambes dans Central Park. Ca m'a soulagé car j'ai retrouvé de bonnes sensations. Malgré tout, j'étais toujours fatiguée. Mais comment être sûre de la cause de cette fatigue avec le jet-lag qui venait se greffer à tout ça ?

Et le vendredi aprem, on a pris un train, direction Boston.

Boston

Nous avions loué un appartement dans Boston, un peu excentré du centre-ville. Je voulais pouvoir gérer ce que je mangeais de A à Z, les jours avant le marathon. On s'est retrouvé dans un building assez vieux et mal insonorisé. Malgré les boules Quiès, je dormais peu et super mal.

Fatigue, jet-lag, manque de sommeil, stress. J'étais très très loin de l'état dans lequel j'avais imaginé être avant LE Marathon de Boston. Au fond de moi, je n'avais plus envie de le courir. Il me tardait une chose : en avoir fini avec ça. Mais je ne voulais pas vraiment l'admettre. Et je ne voulais pas vraiment le croire. Parce que, courir Boston, mince, tout le monde ne peut pas le faire ! Je le sais ça. Et quand je me suis inscrite, j'étais super excitée à l'idée de le courir. Les frais d'inscription, les billets d'avion, la location d'appart, les vacances posées, le playboy qui avait suivi sans rechigner. Tout ça POUR MOI. Et je n'avais plus envie.

J'ai essayé de faire bonne figure, de me dire que c'était juste ma façon de réagir au stress. Pourtant, je n'ai pas réussi à retrouver "les papillons dans le ventre", l'excitation de l'avant-course. Chaque fois que je voyais un coureur (ils étaient bien reconnaissables et il y en avait partout, croyez moi !), ça me serrait le ventre. Qu'est-ce que je faisais là ? Est-ce que j'avais ma place ? Pourquoi, moi, je n'étais plus contente d'être ici ? De quel droit je me permettais de ne "plus avoir envie" de courir le marathon de Boston alors que ça aurait dû me rendre fière ?

Je n'ai pas exprimé tout ça aussi clairement au playboy, sur le moment. Même pour moi-même, ce n'était pas aussi clair. Et surtout, je voulais croire que ça allait tilter à un moment donné. Je voulais croire que c'était juste dans ma tête.

A côté de ces doutes, la forme ne suivait pas. Des coups de mou, les jambes flageolantes, le coeur qui s'accélère. Ca aussi, c'était dans ma tête ou seulement dû à la fatigue accumulée ?

Le samedi, on est allé chercher le dossard. Ca m'a stressée. Je suis tout de même un peu rentrée dedans, à ce moment-là. J'avais mon dossard, mon T-shirt. J'ai vu mon nom, sur le mur, parmi tous les autres coureurs. Le playboy, lui, était excité pour moi (je ne sais pas s'il le faisait aussi pour essayer de me remonter le moral). J'ai cédé aux sirènes du marketing en m'offrant quelques marchandises estampillées "Boston Marathon 2016". J'avais envie de m'en rappeler et d'en être fière, de ce marathon. Je voulais jouer le jeu.

On a traîné dans l'expo. J'étais un peu requinquée et, pouf, gros coup de mou. J'ai mis ça sur le compte du monde, de la chaleur et de l'heure du déjeuner qui approchait. Mais mon taux d'anxiété est remonté en flèche. On est allé manger puis, pour se détendre, on s'est promené dans Boston.

Magie des réseaux sociaux, j'ai eu la chance de rencontrer Greg (@gregknottlemond), avec qui j'avais pu échanger, sur Instagram et par emails. C'était son 2e marathon de Boston et il m'avait très gentiment donné quelques conseils quant au déroulement de la course. Sa bonne humeur, son enthousiasme et sa gentillesse m'ont remis du baume au coeur.

Veille du marathon

Nuit de samedi à dimanche, c'était la fête dans le building. Inutile de vous dire que je n'ai pas mieux dormi que les jours précédents. Nous sommes allés marcher dans Harvard et le MIT, pour prendre l'air et se changer les idées. Le coeur n'y était toujours pas. Je n'osais plus vraiment dire au playboy que ça n'allait pas. Parce que, tout ça, est-ce que ce n'était vraiment que dans ma tête ? On est rentré tôt, dans l'aprem. J'ai essayé de faire une sieste, ce que je ne fais jamais. Toute possibilité de sommeil était bonne à prendre car avec des nuits de 3-4 heures depuis une semaine, ça ne pouvait pas être la grande forme.

Puis est venu le temps de la préparation des affaires pour le marathon. Le petit déjeuner à prendre dans le bus et à transporter dans un sac plastique transparent (sécurité renforcée oblige). Mon running fuel. Mes habits. Les vêtements pour attendre, avant le départ, à Hopkinton. Le mapping de la course (montées, descentes, plats, faux-plats / où et sur quelle distance).

Le playboy m'a préparé un bon plat de pâtes, comme d'habitude. Et je me suis couchée en mettant le réveil à 5h. J'étais assez sereine car, maintenant, je voulais y être.

Matin du marathon

Je me suis réveillée un peu avant le réveil. Comme très souvent avant une course. Calme et sereine. Pas excitée mais contente d'être ENFIN proche de le courir, ce satané marathon.

Le marathon de Boston, c'est forcément une sacrée logistique. Le parcours n'est pas une boucle. Pour aller au départ, l'organisation met des bus à disposition des coureurs. Ils partent du centre-ville de Boston, près de l'arrivée. Selon notre SAS de départ (calculé en fonction de nos temps de qualification), on nous conseille une plage horaire pour monter dans les bus.

J'étais dans la wave 2. Je devais prendre le bus entre 6h45 et 7h20, pour un départ de course à 10h25. Oui, ça fait beaucoup d'attente.

J'ai donc déjeuné, mais peu, et j'avais prévu de quoi manger, 3 heures avant mon départ, donc dans le bus. On s'est préparé rapidement. Le playboy m'a accompagné dans le métro, jusqu'à la zone de départ des bus, même si lui ne pouvait pas les utiliser et devait donc rester sur Boston.

Dans le métro, bien sûr, j'ai vu des coureurs. J'ai aussi vu des gens "normaux" qui nous envoyaient des regards d'encouragement. Dans la rue, une femme m'a abordé juste pour me souhaiter bon courage. (Ca, ce sont les Américains...)

Arrivés sur place, on a pu apprécier l'ampleur de la machine Boston Marathon. C'était une ligne infinie de bus, et pas n'importe lesquels... les school bus jaunes ! (Je suis la seule à avoir une admiration particulière pour ces bus si typiquement américains ?) Impressionnant.



6h45, les coureurs de la wave 2 ont été invités à s'avancer vers la zone de chargement des bus. On a fait une petite photo pour vous faire coucou sur Instagram. J'ai lu plus tard un commentaire qui disait "T'as pas l'air confiante". Dans le mille. Pas confiante, du tout. Je suivais juste le programme, ce que j'étais sensée faire.

En route pour Hopkinton

A partir de là, le playboy ne pouvait plus suivre. Sécurité puis file d'attente. Je me suis faite alpaguer par un autre coureur. J'adore le côté hyper "easy going" des Américains et le fait qu'ils n'ont pas peur d'être fiers d'eux... quand ce n'est pas méchant. Sur ce coup, je me suis tapée le gars "show off" qui m'horripile. Je crois qu'il m'a abordée direct en me sortant : "Boston Marathon is actually flat". Pour la petite histoire, les coureurs de route redoutent le marathon de Boston car il est réputé "hilly" (ce que je confirme, les gars). Petit sourire poli... et il a enchaîné : "non parce que, MOI, je suis du Vermont" (état montagneux). Super, ta vie. Tu veux que je te félicite ? En réalité, je suis restée polie et courtoise. Puis j'ai passé le grand oral : combien de Boston Marathons ? combien de marathons ? meilleur temps ? J'avoue, petit plaisir quand j'ai réussi à lui en boucher un coin en lui répondant que je n'avais jusque-là couru qu'un marathon. Prends ça dans les dents, Monsieur show-off du Vermont !

Je n'étais vraiment pas d'humeur bavarde et encore moins d'humeur à me pâmer devant les exploits de quelqu'un. J'ai réussi à m'en dépêtrer en choisissant une ligne différente de la sienne pour monter dans un bus.

Et c'était parti pour le school bus américain ! Au moins, ça m'aura apporté ça, le marathon de Boston. J'ai trouvé une place près d'une fenêtre. J'ai prié pour ne pas me retrouver à côté de quelqu'un de trop bavard, et, finalement, le bus est parti sans personne à mes côtés. Ca m'a soulagé. Je n'avais pas envie de faire du "small talk" ou de faker l'excitation que j'aurais dû ressentir avant de courir le marathon de Boston.

On a laissé Boston derrière nous. Le trajet a duré environ 50 minutes. J'étais calme et concentrée. Ce marathon allait arriver. Point à la ligne. J'ai mangé mon petit déjeuner, comme prévu. J'ai pensé au playboy qui devait être rentré et s'apprêtait à aller courir. J'ai essayé d'évaluer mon état de forme réel. J'ai essayé de me convaincre que ça allait mieux. Si si, je te jure ! Et j'ai joué ma propre cheerleader pour tenter de me mettre dans l'ambiance. Mince, j'allais courir Boston !

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Une fois arrivée à Hopkinton, j'ai découvert le "Athlete's Village" : 2 grands terrains de sport, entourés de toilettes portables, avec, au milieu de chacun d'eux, une grande tente. Dedans, des bénévoles servaient de l'eau, du Gatorade, du thé et du café. J'ai fait le tour, histoire de passer le temps. Il ne faisait pas aussi froid que sur Boston, mais l'herbe était humide. Je me suis donc trouvée un coin de bitume, au soleil, pour attendre assise.

Ce qu'il se passait dans ma tête ? Pas grand chose. J'observais et j'attendais. Objectif : juste faire comme prévu et suivre le mouvement. One step at a time. Boire mon thé que j'avais apporté dans une bouteille plastique. Aller faire pipi pour ne pas être ennuyée sur la course. Aller chercher de l'eau pour remplir le bidon de ma ceinture. Manger une barre de céréales, 1 heure avant le départ. Si je faisais bien tout comme prévu, tout allait bien se passer. Pas vrai ?

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Initialement assise au soleil, j'ai vite tombé le bas de jogging car ça commençait à bien chauffer. Je me suis ensuite mise à l'ombre pour me préserver. J'ai préparé la pochette de ma ceinture en y mettant mon running fuel (pâtes d'amande, energy chews, morceaux de sucre). Et j'ai attendu 9h40, heure à laquelle ils ont appelé les coureurs de la wave 2 pour entrer dans les corrals.

Se lever. Trouver une poubelle. Se joindre à la marée humaine qui se dirigeait vers les corrals. Enlever mon sweat. Donner mes "vêtements d'attente" à un bénévole récoltant les "throwaway clothes" pour des associations. Avancer, petit à petit.

Corrals 1 to 4, à droite. Corrals 5 to 8, à gauche. Corral 6 pour moi, je me suis engagée entre les barrières de gauche.

D'après les infos données, il y a une marche de 0.7 mile avant d'arriver aux corrals. C'est assez étrange. On marche dans des rues résidentielles, séparés des trottoirs par des barrières. C'est calme. Les front yards typiques des maisons américaines sont tous impeccables et parfois flanqués d'une pancarte d'encouragements. A l'exception des coureurs et des bénévoles, il n'y a personne, ou presque. J'ai vu une famille, dehors, qui nous applaudissait.

Et on arrive aux corrals. Chacun entre dans le sien, après vérification du dossard. Une simple corde délimite les différents corrals. Agréable surprise, on est tous bien espacé. Je lance la recherche des satellites, sur ma montre.

Encore une fois, c'est super calme. Au loin, on entend un gars dans un speaker. Mais aucune grande effusion ou démonstration de joie comme ce à quoi je m'attendais venant des Américains. On entend tout juste qu'il félicite les derniers corrals de la wave 1 qui franchissent la ligne de départ.

Je m'étire. Plus par mécanisme qu'autre chose. Il est trop tard maintenant, mais l'idée de m'échauffer ne m'a même pas effleuré l'esprit. J'ai gardé toutes mes forces pour la bataille. Je switche sur l'heure, par intermittence, sur ma montre. J'essaie de retenir les premières fluctuations du parcours, en mémorisant le mapping que j'ai noté à l'intérieur de mon bras droit.

10h20. Le speaker nous informe que ça va bientôt être notre tour. Je n'ai pas peur. Je ne suis pas excitée. J'attends le départ. Je ne pense à rien ou personne en particulier.

Ils enlèvent les cordes entre les corrals. On commence à se rapprocher les uns des autres et à avancer. Il n'y a pas eu l'hymne américain. Je n'ai pas entendu de départ officiel. On commence à courir. Je cherche la ligne de départ. Je suis super surprise de ce départ sans fanfare.

Le marathon

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Où est la ligne ? On l'a déjà passée ? Ah non, c'est juste là, entre ces 2 petits poteaux. Top chrono. Maintenant, seul objectif : atteindre la ligne d'arrivée.

Le départ est en descente. Forcément, ça va vite. On est assez serré. C'est normal. Ce n'est pas si méchant que ça. Je m'attendais à une plus grande cohue. Je reste sur la gauche, sur le bord. J'arrive à gérer. On m'avait conseillé de ne pas perdre mes forces en zigzaguant pour être à mon allure, sur les 2-3 premiers kilomètres. Je reste à ma place et, de toute façon, je n'ai pas besoin de doubler. Mon rythme est bon.

Je cours. Vite. Ca me panique un peu. Mes jambes sont fraiches. C'est le début du marathon et en descente, en prime. C'est normal.

Ca descend, mais ça remonte aussi. Certes, les descentes sont bien plus longues que les montées, mais le plat est quasi inexistant. Je n'avais pas réellement imaginé ça comme ça. Et puis, ça tourne.

Le soleil tape. J'ai les joues en feu. J'ai CHAUD. Je regarde ma montre : j'ai même pas fait 5 kilomètres. Panique à bord. Il faut A TOUT PRIX que je régule ma température corporelle. Je comptais éviter les premiers ravitaillements d'eau pour ne pas perdre de temps et n'utiliser que ma gourde. Je décide alors d'utiliser toutes les opportunités que j'ai pour récupérer de l'eau et m'asperger tête et visage. Ca devient une obsession.

L'effervescence du départ passée, l'allure que je tiens me percute... et m'angoisse. OK, en temps normal, je n'aurais pas douté. Mais, j'ai été tellement fatiguée ces derniers jours. Est-ce que je cours droit à la catastrophe ? Est-ce que je vais m'épuiser et ne pas finir ?

Il y a une fille près de moi depuis quelque temps. Elle me dépasse, je la passe et elle raccroche. Et rebelote. Je ne change pas de rythme pourtant. Tout du moins, je pense. Ca m'interroge. Et j'entends son souffle court et laborieux derrière moi. Du coup, je me rends compte que, moi, je ne suis pas essoufflée. Ca me calme et je me dis que, tant que mon coeur ne s'emballe pas, je continue comme je le sens.

Nous courons majoritairement dans des quartiers résidentiels. Les familles sont dehors sur leur pelouse, assises sur des chaises (parfois même en train de faire un BBQ), ou bien sur le bord du trottoir, à nous encourager et nous tendre de l'eau ou des glaçons. Je récupère tout ce que je peux. Un glaçon dans le soutif. Un glaçon dans la main. Je le passe sur mon visage, dans le cou et sur les épaules, puis, pof, dans la bouche (et en écrivant ça je me dis que c'est vachement dégueu en fait... mais bon, pour ceux qui n'ont jamais couru de marathon, sachez que toute idée de décence ou de bienséance disparait dans ces moments-là).

On a passé la marque des 5K. Je n'arrive pas à me souvenir si ça fait partie des points de passage actualisés en live et consultables en ligne. Du coup, je me concentre surtout sur le 10K. Je SAIS que ce passage, c'est certain, sera mis à jour. Quand je passe le 10K, je pense au playboy. Maintenant, il sait : j'ai bien pris le départ et j'ai fait 10 kilomètres. C'est déjà ça. Je pense à ma soeur, en France, en espérant qu'elle ait trouvé un moyen de suivre (c'était pas vachement clair, avant la course, et on avait un doute). Je vois aussi mon temps (45 min) et je me dis que c'est quand même rapide. Le doute revient, mais c'est fait et puis, quoiqu'il en soit, j'avais bien prévu de ne pas me ralentir sur les descentes. Et je pense : "T'as fait un quart..." Alors, de 1, c'est pas tout à fait vrai, et de 2, penser comme ça n'est pas le meilleur état d'esprit qui soit pour courir un marathon. Malheureusement, c'était mon état d'esprit, ce jour-là.

Je n'ai pas faim, loin de là, mais je sais qu'il me faut de l'énergie. Sur mes long runs, je m'étais habituée à manger aux alentours du 7e-8e mile. Je prends une puis deux pâtes d'amande. J'essaie de me convaincre que c'est ça qui me donnera l'énergie nécessaire pour terminer.

Je compte les miles. J'attends le semi-marathon. Je ne fléchis pas mais je ne peux pas dire que j'apprécie l'expérience. J'ai l'impression d'être à côté du truc. J'ai peur. Je suis fébrile. Je vérifie mon souffle. Je zieute toujours, quand une tente médicale est signalée. J'ai dit au playboy que s'il voyait que mon statut n'était plus mis à jour, c'est qu'il devait venir me chercher aux urgences médicales. Je sais très bien qu'il ne m'a prise au sérieux qu'à moitié, mais, moi, je le crois vraiment. Je ne sais pas si je vais finir ce marathon.

J'arrive sur le fameux Wellesley College, connu aussi sous le nom de "scream tunnel". En effet, on entend les cris des étudiantes, bien avant de les voir. Et, une fois dessus, les filles sont en furie. Elles sont alignées sur 400m, avec des pancartes proposant des baisers. C'est l'hystérie et je préfère rester de l'autre côté de la route.

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Passage du semi-marathon, juste en dessous de 1:36... Dans ma tête, c'est la contradiction. D'un côté : "Ok, c'est plus rapide que tes long runs, mais c'était en descente, plus, c'est une course. C'est bien. C'est normal !". De l'autre : "Non, attends, ça va pas du tout. Ca serait normal si tu avais été en forme olympique, comme prévu, avant le marathon. Sauf que NON ! Tu vas pas tenir jusqu'au bout..."

On enchaine zones résidentielles et petites villes depuis le début. Je sais que les ennuis vont bientôt arriver, à partir du mile 16, avec le début des côtes. Je m'y prépare.

Pendant toute la course, j'ai pensé en étape. C'est ce qui me faisait tenir. Une étape après l'autre :
- le 10K
- puis le semi-marathon
- puis atteindre le mile 16, marquant le début des Newton hills
- puis Heartbreak Hill, du mile 20 au mile 21, montée la plus difficile, mais aussi fin des Newton hills
- puis atteindre le mile 23 à partir duquel j'allais me placer sur la droite pour pouvoir scruter la foule et chercher le playboy
- puis la ligne d'arrivée

Semi-marathon passé, regrouper mes idées. Mon énergie est déjà en chute libre. Je me serais volontiers arrêtée ici. Sauf que je cours un marathon et pas un semi-marathon. Et que, ce que je viens de faire, c'était la partie facile. Mon angoisse est de conserver mon capital énergétique le plus possible. Je sens bien qu'il est déjà trop entamé.

Se calmer. Prendre des forces, maintenant, avant les hills. L'idée d'avaler une pâte d'amande me répugne. Je passe aux energy chews. 1, 2, 3. C'est toujours ça de pris.

J'ai déjà bu un bidon entier et me suis arrêtée pour le re-remplir à une aid station. Je finis mon 2e bidon pour pouvoir y mettre du Nuun. Il fait chaud, j'ai bu, et pourtant je n'ai aucune envie de faire pipi. J'ai bien noté, aussi, les traces blanches de sel, au niveau de mes coudes. Il faut que je passe au Nuun. Je prépare mon bidon en y mettant ma petite pastille, puis à une aid station, je m'arrête pour ajouter de l'eau.

Ok, ça va me faire du bien, c'est certain. J'attends de me calmer, reprendre mon rythme et je bois quelques gorgées. Je suis prête à attaquer les hills.

J'vais vous dire, nul besoin de signaler les hills, on les voit bien venir. C'est d'ailleurs assez impressionnant d'avoir en face de soi, un mur de coureurs. Littéralement. Je ne me sens pas particulièrement serrée ou à l'étroit, mais quand je vois ce mur, en face de moi, je prends conscience qu'on est quand même un sacré nombre de coureurs.

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J'attaque les montées. J'essaie de rester lucide. Mon but est de monter doucement et de relancer après chaque hill. Je me sers beaucoup du mapping que j'ai sur le bras pour connaitre la distance en montée et la distance que je vais avoir pour m'en remettre. Ca m'est d'autant plus utile que ça vire pas mal donc on ne voit pas le parcours.

Une hill, 2 hills. Une de moins, un pas de plus vers Heartbreak Hill, un pas de plus vers la ligne d'arrivée. Je finis par totalement subir le truc.

Et, enfin, Heartbreak Hill est en face de moi. Je suis sur la gauche mais je vois sur le bord de la route, à droite, un "tunnel/tente/douches/brumisateurs". Ok, c'est un effort supplémentaire, mais il faut que j'y passe. Ca va me donner un coup de fouet.

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Et j'attaque. Je ne sais pas si cette côte est REELLEMENT particulièrement difficile. J'en sais rien, les gars. Je monte. C'est dur. Je veux en finir. C'est tout. Je vais doucement, c'est clair et net. Je ne suis pas la seule, mais il y a aussi des coureurs qui ont bien géré le truc et qui montent, telles des gazelles. J'aimerais tant être comme eux !

Et puis, comme toute chose a une fin, j'arrive au bout. Il parait que ça descend, après. Il parait. Moi, je vois rien. Je vois surtout que les histoires de relance après les côtes et tout le tralala, ben, c'était bien beau, en théorie. Là, j'essaie surtout de reprendre mes esprits. Conserver le peu d'énergie qu'il me reste. Je n'ai rien bu ou mangé depuis le mile 16, avant les hills. On est au 21e. Il reste 5 miles. C'est long... Non, non, non, c'est rien. C'est RIEN. 5 miles, c'est même pas le plus petit de tes runs habituels.

Se concentrer sur la prochaine étape : voir le playboy, après le mile 23. D'ici là, courir aussi vite que possible.

Je cours toujours à gauche de la chaussée. Je ne sais pas pourquoi. C'est comme ça. Ma distraction sera de me décaler à droite, mais, attention, pas avant le mile 23. Tout objectif/récompense est bon à prendre, sur un marathon.

J'ai passé le mile 22. Bientôt, bientôt. Et puis, une voix française qui crie "allez, allez !!", sur ma droite, me fait sortir de ma torpeur. Je tourne la tête, juste à temps pour entrevoir le playboy. Fuck, il était AVANT le mile 23. Bon, ben, j'aurais pas à me décaler. Et j'aurais pas à le chercher.

[Avant/après avoir capté le playboy]

C'est quoi la prochaine étape ? Ah ben, y'en a pas. Ok. Et sinon, ça descend, ça monte ? On en est où là ? J'sais plus. J'sais pas. Mon mapping s'est effacé entre la sueur et l'eau que je me suis renversée dessus. Je me sens un peu perdue.

Je sens bien que ça coince niveau énergie. Ce n'est pas musculaire. Oui, j'ai mal aux jambes. Attends, c'est un peu normal, non ? Mais ce n'est pas ce qui rend la chose difficile.

Je sais que je devrais, au moins, boire. Mais je ne peux pas. Impossible. Ca me panique. Je ne veux pas tomber dans les pommes. A ce moment-là, je n'ai même plus la force d'aller récupérer un gobelet d'eau pour m'en mettre sur la tête. Mes forces, je les garde pour me rapprocher de la ligne d'arrivée, le plus rapidement possible. ET regarder ma montre. Je crois que je n'ai jamais autant vérifier ma montre. Oh, pas pour l'allure ou le temps ! Je ne les vois même plus. Pour la distance.

J'ai bien noté que tous mes zig-zags, avant les hills, pour récupérer gobelets d'eau et glaçons, d'un côté puis de l'autre de la chaussée, m'ont ajouté de la distance. Mais je décide d'essayer de me duper moi-même. Je les compte pas. Il reste 3 miles, tout rond, si, si, si. Allez, 0.1 par 0.1 mile, on va y arriver.

[photo credit]

Il y a une avenue. Toute droite. Plat ? Descente ? Je ne sais pas. Je sais juste que je l'ai détestée. Et les gens qui sont de plus en plus nombreux, sur le bord de la route. Ca hurle. Partout. Des deux côtés. Ca me prend la tête. Ca m'irrite. J'en peux plus.

Il y a un gars, sur le bord. Lui, il ne crie pas. Il accroche mon regard. Il ne me dit rien. Il me tend la main, juste pour me donner de la force. Il a compris. J'arrive à lever ma main pour toucher la sienne.

Ca lutte autour de moi aussi. Je note beaucoup de gars qui marchent. Je les comprends. Moi je ne m'arrête pas car sinon je ne repars pas. Je crois que si je m'arrête, je tombe.

Et je regarde ma montre. Inlassablement. Je m'interdis de la regarder trop souvent. Attends au moins 0.5 mile ! Ca fait 0.5 là non ? Ah non... On arrive QUAND sur Boston ?

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On passe sur un pont. Forcément, ça monte. Et on passe sous une route. Ca remonte ENCORE. Je l'attendais celle-là, car on m'avait prévenue. Et OUI, elle fait MAL.

Je ne sais plus quand j'ai vu le drapeau "1 mile to go". Avant le virage ? Après ? Je ne sais plus mais ça a été un soulagement. 1 mile, je vais le faire.

Virage à droite, à 90 degré, et ça remonte... encore. Puis ça tourne, encore, sur la gauche. ENFIN, la dernière avenue. Enfin. Je vois l'arche de l'arrivée.

On n'y est pas encore. C'est une longue avenue. Je ne peux pas sprinter. C'est pas possible. Je m'en fiche. Cours, c'est tout.

Je passe la ligne. J'arrête ma montre. Je ne souris pas. Je ne suis pas emplie de joie. Je suis juste soulagée de m'arrêter.

Après la ligne

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Je me sens vaciller. Il n'y a pas de barrières à proximité. Je me dirige vers l'arche, qui, bizarrement, est bien après la ligne. Je vais pouvoir m'appuyer dessus.

Et puis, comme depuis le début en fait, je ne fais que suivre le mouvement. Marcher pour ne pas tomber. Rester en mouvement. On me donne une bouteille d'eau. Je bois, par réflexe. J'ai froid. Il y a des rafales de vent (je l'ai bien noté sur la course, après les hills). On me met ma médaille autour du cou. On me prend en photo avec. Je souris. Je ne sais même pas comment j'ai réussi à sortir cette "poker face".

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On me donne une space blanket. Alléluia. J'ai tellement froid ! Je tremble de partout. On me donne un sac contenant de la nourriture. Je prends ce qu'on me donne. J'ai la tête qui tourne. Et d'un coup, j'ai la nausée. Je crois que je vais vomir. Je vois des toilettes, au loin.

Le temps de les atteindre, c'est passé. Je regarde les indications pour aller au "family meeting area". Je veux sortir de là. Je veux retrouver le playboy. J'ai envie de pleurer.

Ils ont bouclé tout un pâté de rues pour la zone d'arrivée. C'est le centre-ville de Boston, donc on est entouré de grands buildings. C'est une atmosphère étrange, et le vent s'engouffre entre les buildings. Dans d'autres circonstances, j'aurais trouvé ça beau. Je suis les flèches et je tombe sur un stand photo. Des murs bleus, flanqués de la licorne du Boston Marathon avec, en dessous, le petit mot dont je devrais être si fière : FINISHER. Hop là, nouvelle photo. Nouvelle poker face.

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Je sais que je n'ai pas besoin de me presser car le playboy doit revenir, à pied, de l'endroit où je l'ai vu. Mais il va aller vite. Je veux le croire. Il va peut-être même courir... Ah non, il a l'appareil photo. Ok, mais il va vite arriver.

J'ai trouvé la family meeting area. C'est juste un croisement de rues. Des lettres sont affichées sur les poteaux de signalisation. Je trouve le M. Je me mets dessous. J'attends.

J'ai froid. Je tremble de partout. Je ne sais pas si je devrais m'asseoir. Ca fourmille de monde. Je ne suis pas la seule à ne pas être en très bon état. Je scrute la foule pour trouver le playboy. Je vois des chaises roulantes passer avec des coureurs dedans. Je me dis que j'aurais bien pu finir comme eux.

Je me sens mal. J'ai des accès de nausées et des épisodes de tremblements complètement incontrôlables. J'essaie de marcher pour faire passer. Je me sens tellement mal, à un moment donné, que je me dis que si je vois un bénévole de l'équipe médicale, je l'appelle.

Finalement, j'ai tellement froid que je m'assoie par terre, sur un bout de trottoir, pour me recroqueviller et m'entourer de la couverture de survie. Et j'attends. Et je tremble.

J'ai attendu comme ça, plus d'une heure. ENFIN, j'ai vu le playboy, grand sourire aux lèvres, se diriger vers moi en me félicitant. Le voir m'a fait craquer. 2-3 petites larmes. Soulagement et nerfs mêlés (ou chochotte power). Et la 1ère chose que je lui ai dite, c'est : "Non, non, c'est pas bien du tout. Ca a été horrible."

Les chiffres

Je n'ai pas donné mon temps de marathon. Je ne l'ai pas donné non plus, juste après la course, sur Instagram. C'était voulu car le résultat ne reflète pas l'expérience. Ca aurait faussé la donne. Et puis, vous n'êtes pas neuneu, si vous vouliez vraiment savoir, vous pouviez trouver tout seuls.

Si vous me suivez depuis un moment, vous savez que ce n'est jamais ma motivation première. En tout premier lieu, ce que je recherche, c'est l'expérience de course. Alors, oui, je suis fière quand je fais un bon temps. Bien évidemment. Mais je n'ai jamais couru en me disant : "je veux à tout prix faire ce chrono". Et plus exactement, je ne me suis jamais entrainée pour faire un temps. Ce qui m'intéresse, c'est l'aboutissement d'un entrainement. Je m'entraine pour habituer mon corps à aller plus vite et/ou plus loin. Je vois l'évolution. Je note quelles allures deviennent de plus en plus faciles, et, en fonction de ça, je sais que si j'arrive à courir la course dans une fourchette d'allures donnée, je serai contente de moi. Mais tout ça, en accord avec mes sensations. Le but est de pousser mon corps, là où il peut aller grâce à l'entrainement que j'ai fait.

Dans ce cas, c'est la première fois que ça m'arrive, je n'ai pas suivi ce que je ressentais. J'étais épuisée avant de prendre le départ et j'ai quand même couru comme je l'aurais fait si tout allait bien. Pour le coup, j'ai bien repoussé mes limites. Mais ça n'a pas été agréable et je n'étais pas fière de l'état dans lequel je m'étais mise.

Oui, j'ai bien vu 3h18 sur ma montre, à l'arrivée. Mais ça ne m'a fait ni chaud, ni froid. Comme si ça comptait pas. Je m'en voulais de ne pas avoir couru la course beaucoup plus lentement, pour prendre en compte mon niveau de fatigue. Comme si j'avais trahi mon corps qui me lançait des signaux d'alerte depuis des jours.

Je SAIS que tout le monde ne comprendra pas ce que je veux dire. Et vous pouvez même penser que je ne suis qu'une idiote. Your call. Je veux juste tenter de vous expliquer ce que j'ai ressenti et comment j'ai vu les choses, sur le coup.

Maintenant, avec du recul, si si, je suis fière d'avoir couru Boston et d'avoir bouclé un 2e marathon. Ce n'est pas rien. Et, oui, avec le recul, je me dis que j'ai fait la course que je devais faire car, si j'avais couru beaucoup plus doucement pour me préserver, je n'aurais pas été plus satisfaite de moi.

J'ai quand même un regret qui persiste : tout cet entrainement pour une course que je n'ai pas apprécié. Je suis passée totalement à côté. Un rendez-vous manqué. Mais c'est le jeu, ma pauvre Lucette ! C'est fait.

Conclusion

Alors, Boston... je ne sais jamais trop quoi en dire. Ca a été dur. Voilà ce que je dis. C'est un parcours difficile, c'est certain. Mais je m'étais entrainée pour donc ça aurait dû mieux se passer. J'ai aussi appris, par la suite, que ça avait été particulièrement difficile pour tout le monde, cette année. La chaleur au départ, après un entrainement en hiver. Le changement de température, par rapport à Boston. Les rafales de vent, aussi.

Je ne sais toujours pas exactement ce qu'il s'est passé pour moi. Pourquoi j'étais si fatiguée avant même le marathon ? Je compte aller faire des examens, juste pour être sûre.

Je ne sais pas si je m'en suis remise, même aujourd'hui. Il m'a fallu 4 heures après avoir franchi la ligne d'arrivée pour pouvoir avaler quoi que ce soit (solide ou liquide). 4 heures pour que les nausées et les tremblements s'arrêtent. Les jours d'après, j'ai bien senti que c'était dans mon énergie que j'étais allée puiser très très loin. Je n'ai pas eu des courbatures de folie. J'ai surtout dû "faire ma mamie" (comme je disais au playboy) : marcher doucement et faire souvent des pauses, lors de nos visites pendant les vacances qui ont suivi le marathon. J'ai été soulagée de voir que mon amour pour la course à pied n'avait pas été ébranlé. Je cours toujours. Tranquillement, pour le plaisir. J'oublie parfois cet épisode bostonien et j'ai envie de repartir comme si de rien n'était... mais mon corps me rappelle à l'ordre. Je me fatigue bien plus vite.

Donc, même si j'aurais adoré pouvoir capitaliser un peu mieux sur mon entrainement, je vais juste le prendre cool et attendre. Pendant ce temps, je vais courir quand j'ai envie de courir. Je vais faire plus de vélo car c'est moins fatiguant. Et je vais retrouver mes potes de la piscine. On va s'amuser comme des petits fous !


Je termine sur ce que m'a dit ma maman, non sportive de son état, à qui j'essayais de faire comprendre le pourquoi du comment je n'étais pas contente de ma course. Ce qu'elle a retenu, elle, c'est ça : "Testaruda"... comme on dit chez nous. Je vous laisse traduire.


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