Ronde Givrée, Castres, 31/01/16

Dimanche dernier, j'ai raccroché un dossard, pour ma 1ère course de l'année. Me motiver pour une course au mois de Janvier, c'était pas gagné d'avance. Mais c'était une course un peu spéciale, car en équipe, et nous avons fait ça, en famille. GO, team "RAPOG on the go" !

La Ronde Givrée

La Ronde Givrée, j'en ai toujours entendu parler. Née à Castres, j'ai passé toute mon enfance près d'un petit village à 15 km de là. Mes parents y vivent toujours. Mes 2 grands mères sont de Castres. Je ne pouvais pas y échapper. Dans ma tête, c'était une course en équipe vachement difficile car, déjà, le truc, ça s'appelle Ronde Givrée pas pour rien : c'est en plein coeur de l'hiver. Vous connaissez mon amour du froid. Il ne date pas d'hier. Ensuite, j'ai toujours imaginé cette course sur les routes et les sous-bois des hauteurs de Castres. Ca grimpe bien.

Un de mes oncles courait pas mal quand j'étais petite. Il faisait donc cette course assez régulièrement. Il s'est remis à la course à pied il y a quelques années de ça. A mon retour en France, il m'a reparlé de la Ronde Givrée et a soumis l'idée de monter une équipe. Courir, j'suis ok. Avec du dénivelé, ça m'intéresse. Le 31 Janvier... gla, gla, gla. M'enfin, l'opportunité était trop belle. Je pouvais passer outre le froid. Avant tout, fallait que je me renseigne un peu plus, car, finalement, j'en savais pas grand chose, de cette course.

Site internet : La Ronde Givrée Auchan

Que je vous explique un peu. La Ronde Givrée, c'est une course en équipe de 4 personnes. Elle se déroule au parc des expositions de Castres. Chaque étape démarre et se termine dans ce même lieu. Les relais s'effectuent, à couvert, dans un gymnase, par une tape dans la main du co-équipier suivant. La course se termine par une petite boucle, effectuée à 4, qui achève l'étape du dernier coureur.

Quant aux étapes, je trouve ça assez sympa car il y en a pour tous les goûts :
- du 10K au 18K
- de la route 100%, du mix route/chemins, du trail
- du dénivelé ou pas

Renseignements pris, j'étais convaincue, et le playboy idem. Il nous manquait un 4e compère. Le compagnon de ma soeur (qui avait couru sa première course, un 10K, en même temps qu'elle, en Octobre) n'était pas complètement contre, à une condition près : qu'on lui laisse l'étape la plus facile, un 10K sur route et sans dénivelé. VENDU ! Coureur n°2, trouvé.


[Veille de la course, équipe "RAPOG on the go" presque au complet : le playboy - ma tronche de cake - mon oncle (et sinon, oui, c'est toujours Noël, chez mes parents... les paris sont ouverts : Quand le sapin va t-il disparaitre ?)]


L'équipe "RAPOG on the go" était née. Manquait plus qu'à s'attribuer les 3 autres étapes. Rien de bien difficile. Avec le playboy, on était ok dès le départ pour faire les étapes les plus longues et les plus difficiles. Mon oncle a pris la 1ère étape, originellement de 15K et avec un dénivelé pas trop méchant. J'aurais aimé faire la plus longue distance mais c'était l'étape sur trails. J'ai donc laissé ça au playboy (trail runner dans l'âme). Playboy = coureur n°4. Je me suis retrouvée sur l'étape 3, 15K, sur route, mais avec du dénivelé.

L'avant-course

Avec ma famille aussi près, j'avais motivé les troupes. J'attendais des supporters de folie, rien de moins ! La veille, ma mère en chef de chantier et mon père en chef artistique, c'était atelier conception de pancartes.

Toute la famille a été mise à contribution. Ma mamie habitant à 2 pas du lieu de la course, nous en avons fait notre QG. Dimanche matin, 8h, la team "RAPOG on the go" s'y est retrouvée pour le petit déjeuner. Et pour échafauder des plans machiavéliques pour terrasser la concurrence. Gniark, gniark, gniark ! (Non, c'est faux.)


A photo posted by Marjolaine (@marjolainerapog) on


Le samedi, il avait fait super beau. Le dimanche, ciel couvert, bruine, pluie, vent. MAIS pas trop froid. C'était déjà ça.

A 8h30, mon oncle, coureur n°1, est parti s'échauffer. Un quart d'heure après, une pancarte sous le bras, nous sommes allés le retrouver. J'peux vous dire, on a fait sensation. C'est pas commun, les pancartes, sur les courses françaises. Nous avons attiré l'attention de la moitié du peloton de départ, mais pas de notre coureur. On a fini par le retrouver, lui souhaiter bonne chance, et à 9h, c'était parti !

Etape 1

16km / D+ 156m

A l'origine, cette étape devait être de 15 km. Un changement de parcours dans les dernières semaines menant à la course l'a rallongée de 1 km. 16 km donc, pour mon oncle.

Faut que je vous dise, mon oncle, c'est un rigolo. Jamais sérieux, toujours le mot pour rire. Pour le coup, je ne l'avais jamais vu aussi concentré. Cette course lui tenait à coeur et il comptait bien courir du mieux possible. C'est ce qu'il a fait.

Il avait eu l'occasion de courir sur son parcours et avait prédit un temps de 1h30. Bref passage à notre QG pour se réchauffer, échauffement pour notre 2e coureur, et retour au lieu de la course pour le 1er relais.

Nous avons laissé Dorian (2e coureur), un peu nerveux, dans la zone de relais et le reste de la team "RAPOG on the go" (supporters compris : ma soeur, mon père et ma mère) s'est rassemblée autour des barrières pour encourager notre 1er coureur sur ses derniers mètres et notre 2e coureur sur ses premiers !

Mon oncle a bouclé son étape en 01:27:39, mieux que ce qu'il avait prédit. Bien joué ! Relais fait, c'était parti pour la 2e étape.

Etape 2

10.3km

Dorian était donc parti pour un 10K, sur route. Apparemment, il y avait aussi un passage sur des chemins. La petite surprise du chef.

Il faut être honnête, cette course lui portait peine. Je pense qu'il avait dit oui pour nous faire plaisir mais qu'il s'en serait bien passé. Avec très peu d'entrainement et peu l'habitude de courir, on l'attendait aux alentours de 1 heure. Etant le coureur suivant, je n'ai pas résisté à faire monter la pression, avant son départ : "Je t'attends dans 45 minutes, pour le relais. Pas plus !" Rrrrooo, ça va, si on peut plus rigoler !

Bon, moi, par contre, j'étais maintenant passée en mode sérieux. Le prochain sur la liste, c'était bibi. Retour chez ma mamie, positionnement du dossard, profil de la course sur l'intérieur du poignet et départ pour un petit échauffement. Ca commençait directement par 5K de montée, je voulais avoir les jambes prêtes.

45 minutes après le départ de Dorian, je suis entrée dans la zone de relais. Sait-on jamais qu'il m'ait pris au mot ! Beaucoup de coureurs en attente. Un écran pour afficher la vidéo des arrivées afin de repérer son coureur. J'avais un avantage par rapport à ça : nos supporters. Fait exprès ou pas, ils se positionnaient, avec leurs pancartes, dans le champ de la caméra.

Avant même que Dorian ne soit filmé, j'ai vu les pancartes s'agiter. C'était mon tour.

Je me suis avancée et l'ai vu débouler. Une tape dans la main. GGGOOO!!!

Finalement, Dorian a mis 57:37 sur son étape. Il était content de lui, et nous aussi.

Etape 3

15.1km / D+ 271m

J'ai déboulé hors du gymnase, fait un peu le show pour nos supporters, puis je me suis recentrée. J'étais là pour le fun, très clairement. Mon oncle avait tenu à me montrer mon parcours, en voiture. J'avais pu constater que c'était loin d'être un 15K sur route tel qu'on pourrait le penser. A part le fait que ce soit sur du bitume, c'était comme du trail. Montées, descentes, virages. Pas de problème, j'aime ça, mais faut gérer le truc aussi.

Je suis partie tranquillement, contente d'être là, même sous la pluie. J'ai de suite commencé à rattraper du monde. Un départ en différé (ça m'a rappelé le triathlon, d'ailleurs), ça étale et mixe les niveaux. Mais, clairement, j'étais avec des gens plus lents que moi.

Je m'attendais à 5 km de montée continue. En fait, il y avait un peu de descente, dans le lot. Le truc bien avec une course sans objectif, c'est que je sur-réfléchis pas le truc. J'ai fait en sorte de gérer, mais j'ai pas retenu à fond (ni en descente, ni en montée).

J'ai eu droit à quelques regards de côté de la part des autres coureurs. Je ne sais pas s'ils se disaient que j'étais un peu nunuche d'aller aussi vite ou s'ils étaient surpris du fait que j'étais partie derrière eux.

Arrivée au bout des 5 km, descente ! J'ai lâché les jambes. Des virages, des petites routes de campagne. J'aime ça. Au kilomètre 7, un petit bump dans la route : montée courte mais sharp pour atteindre une route principale. Je le savais. J'ai pris de l'élan et vogue galère. J'ai dépassé un mec qui m'a dit : "Ca met un coup au machisme !". Ca m'a fait rire et, surtout, ça m'a fait plaisir. Parce que, j'en ai dépassé pas mal, et BEAUCOUP ont de la fierté mal placée. Les gars, POURQUOI vous pensez que vous allez pouvoir tenir mon rythme PILE quand j'arrive à votre hauteur alors que c'était clairement pas le cas avant ?

Après 2 autres kilomètres de descente, on est reparti sur les routes secondaires vers la difficulté majeure du parcours : une montée du km 8.8 au km 10.5 avec une amorce bien pentue sur 300-400m.

J'ai pris de l'élan, comme une bille. Ca marche. Mais, comme une bille, t'as presque envie de repartir en arrière à un moment donné ! Certains n'ont même pas tenté le coup et se sont mis à marcher direct. Chacun sa façon de faire. Perso, si je peux courir, je cours car j'aime pas couper ma dynamique.

Une fois la partie bien pentue passée, ça montait toujours mais ça en était presque facile, en comparaison. Petite accalmie presque plate, avant un virage et la dernière côte, j'ai dépassé 2 mecs. J'ai entendu : "Tu vois, elle, elle va beaucoup trop vite ! Elle va exploser en plein vol."

Boudu que ça m'a énervé !! Coco, comment tu peux savoir si je vais trop vite ? On se connait ? On est pas parti ensemble. Tu connais pas mon niveau. Arrête de faire ton expert ès course à pied. C'est pas parce que je vais plus vite que toi que je ne sais pas gérer ma course.

Et avec ça, j'ai encore un petit malin qui a voulu accrocher, sur la montée qui suivait. Je savais que c'était la dernière, alors, j'peux vous dire que j'ai fait ma bourrique et il a payé pour tous les autres. Normalement, je m'en tape. Je vais à mon rythme. Là, j'ai accéléré. Il n'a pas tenu longtemps.

Une fois en haut, j'ai repris mon souffle. Mon petit coeur avait fait un bond avec ces bêtises ! A partir de là, pour moi, c'était fini car tout en descente, et un petit faux plat.

Je ne sais plus vraiment quand et comment (car je sais pas calculer en courant), j'ai réalisé que j'étais en avance par rapport au temps donné à mon équipe pour que le playboy se prépare au dernier relais. Petit moment de flottement : "et s'ils sont pas là quand j'arrive ?" Je me suis rassurée en me disant que le playboy allait certainement prendre de l'avance, quoi qu'il en soit.

Sur les derniers kilomètres, j'ai déroulé. Je suis allée vite en sachant très bien qu'il n'y avait plus de difficulté. J'étais super contente de retrouver l'ambiance d'une course et j'avais adoré mon parcours, plein de relances, tout ce que j'aime.

En vue du gymnase, j'ai espéré que ma team soit là. Arrivée aux barrières délimitant les derniers mètres, j'ai vu les pancartes. Ouf, sauvée ! Sprint final, un mec devant, petit virage... et ce monsieur m'a bloqué la route. Je trouve ça TRES TRES moche. Sprinter sur la fin, et tenter de ne pas se faire dépasser, c'est le jeu. Mais faudrait voir à la jouer fairplay. Alors, monsieur dossard 162, courant sous les couleurs de Albi Triathlon, HONTE A VOUS.

J'ai réussi à le doubler par l'autre côté. J'ai accroché le regard du playboy et BOUM, tape dans la main. C'était parti pour lui, fini pour moi.

01:06:47, pour 15.1 km

Etape 4

18km / D+ 314m

Au départ de la course, la pluie était toute fine et pas bien méchante. Au fur et à mesure des heures, ça s'est renforcé et le vent s'est levé. Le playboy est donc parti sous une pluie fine, certes, mais battante et continue. Et tout ça, pour l'étape sur chemins. Vous voyez où ça nous mène, cette affaire ? "Hou la gadoue, la gadoue, la gadoue..."

Faut bien le dire, on est des newbies des trails à la française. Vous vous doutez bien que c'est pas en Californie qu'on s'est familiarisé avec la boue. Et, même s'il pleut, dans les alentours de Montpellier, le terrain est très caillouteux donc on a toujours plus ou moins d'accroche. Du coup, nos chaussures de trail parfaitement adaptées aux trails californiens ont toujours fait l'affaire, ici.

Enfin... jusque-là...

Pendant que le playboy s'amusait (ou pas, en fait) dans la boue, moi, je retrouvais mon équipe. J'ai adoré mon parcours. Je me suis éclatée du début à la fin. Parfait.

Avec nos pancartes, nous attirions les regards. Un journaliste d'un journal local, Le Journal d'Ici, sponsor de la course, est venu nous demander si on acceptait une photo. Of course! Il m'a posé quelques questions par rapport au nom de l'équipe. Je lui ai donc parlé du site. Il m'a assuré qu'il irait voir. Il a tenu parole car nous avons eu droit à un petit article super sympa mettant en avant "RAPOG on the go". Alors, sait-on jamais, si des lecteurs du journal passent par ici, bienvenue à vous ! Asseyez-vous, prenez une petite place, vous allez voir on s'amuse bien par ici et, surtout, on ne se prend pas au sérieux. Et si le journaliste du journal repasse par là, un grand merci à vous !

Bon, c'est pas tout ça de faire les stars, mais on avait une course à terminer avec un coureur toujours en lice. Retour au QG, supporters frigorifiés, ça commençait à devenir dur pour eux.

On est revenu sur le lieu de la course pour être dans la zone de relais après 1h15 de course pour le playboy. Je rappelle que la fin de course consistait en une dernière boucle avec toute l'équipe. Pas évident de se déshabiller une nouvelle fois, pour repartir courir sous la pluie !

Il nous avait dit aux alentours de 1h30. Nous attendions en scrutant les coureurs, sur la vidéo. Après 1h30, toujours pas de playboy. Y'avait un truc qui n'avait pas fonctionné comme prévu. J'ai pensé à sa cheville dont il se plaignait depuis quelques jours.

Finalement, mon playboy est apparu à l'écran (01:37:58 de course, pour 18 km). Il avait pourtant une belle foulée, mais j'ai immédiatement noté son air blasé.

Parcours commun

Nous l'avons rejoint pour le dernier tour. Il est parti en flèche, tellement il voulait en finir ! Je lui ai demandé de ralentir pour qu'on soit tous au même niveau. Je l'ai questionné sur sa cheville. RAS. J'ai noté son teint pâle et ses jambes maculées de boue. Pas un grand bavard, le playboy, j'ai pas pu en savoir plus.

C'était sympa de finir tous ensemble, cette belle course. Nous avons passé l'arche d'arrivée, en ligne, main dans main. Bravo, l'équipe "RAPOG on the go" !

Nous avons mis un total de 05:13:27 pour parcourir 60.1 km.

L'après-course

Une fois arrivés, nous n'avons pas pu tirer grand chose du playboy qui est parti fissa au ravitaillement. Dernier coureur, le petit déjeuner avait été un peu trop éloigné du départ de sa course. Il avait de quoi manger, sur lui, mais il n'a pas eu le réflexe avant de sentir la baisse d'énergie.

Finalement, le gros problème a été la boue. Il n'avait pas les chaussures adaptées et ne pouvait pas courir dans les descentes. Il a bien couru dans les montées, mais, en descente, il a été forcé de marcher, sous peine de glisser et tomber. Ca a donc été très frustrant pour lui.

Malgré tout, je parle au nom de toute l'équipe (et même en celui de nos supporters de choc), nous avons beaucoup apprécié cette course. Le concept des équipes change de la routine habituelle des courses. Les étapes sont variées et permettent à chacun de trouver celle qui lui convient. L'organisation est bien ficelée. Sur les parcours, les volontaires sont là à chaque embranchement et avec le sourire (même statiques, dans le froid, et sous la pluie). Le lieu de la course est très adapté car il permet d'attendre et de se ravitailler, au chaud, dans les différents halls.


Etant castraise, il fallait bien que je me frotte un jour à la Ronde Givrée ! Heureuse d'avoir pu le faire et en si bonne compagnie. Un grand bravo à chacun de mes co-équipiers.


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