De la Californie à la France

Je suis rentrée en France. Ça va faire 2 mois. Dans mon cerveau, la transition n'est pas encore totalement faite mais certains signes ne trompent pas. Petits extraits.

#1

Quand j’entends des gens discuter en Français autour de moi, mes antennes frétillent. Je tends l’oreille, et puis, ça tilte. "Heu... nunuche, t'es en France ! ".

#2

Après 2-3 énervements auprès d’automobilistes tout près de me tailler un short, sur un passage piétons, j’ai fini par jeter l’éponge. Même si le bonhomme est vert, même si toi, piéton, tu es théoriquement prioritaire, arrête toi, regarde de tous les côtés et S’IL N’Y A PAS DE VOITURE, fonce. Une fois de l’autre côté de la rue, tu peux respirer. L’insouciance piétonnière n’existe pas, ici.

#3

On peut manger du pain, sans avoir à le faire. Truc de folaaiieee ! Par contre, avec un "boulanger" à la maison, on devient fine-bouche. La quête du playboy a commencé.

#4

J’arrive de plus en plus à éviter les “good morning/sorry/thank you” et autres civilités qui m’échappent en anglais. En extérieur, mon cerveau est encore souvent perturbé.

#5

Au supermarché, je suis fascinée par le rayon des yaourts. 2 raisons à ça :
#1, enfin des yaourts de consistance “normale” (pas trop liquides ou hyper épais comme ceux qu’on trouve aux USA) /
#2, les crèmes dessert type Danette, ou les yaourts-pâtisserie (type tiramisu ou crème brûlée), ça n’existe pas aux USA

Ne me demandez pas pourquoi, je n’en ai AUCUNE espèce d’idée. Ca marcherait forcément. Mais que fait Danette ?!

#6

Au supermarché, toujours (les supermarchés, LE lieu des différences culturelles par excellence), j’ai vite compris qu’il n’était plus question de tendre gentiment tes petits sacs à l’employé souriant qui attend en bout de caisse. Déjà, ce petit employé souriant n’existe pas, en France (euphémisme). Ensuite, t’as intérêt de te magner les fesses car, la caissière, elle, elle s’est lancée un défi : arrivera-t-elle, en poussant bien, à entasser tous tes articles de l’autre côté ? Et tout ça en temps record, c’est le but. Tant pis si, dans le lot, il y a tes beaux fruits et légumes choisis avec soin.

Comment lui expliquer :
- que, non Madame, ça ne me fera pas ranger mes courses plus vite
- que, non Madame, même en scannant tous mes articles à la vitesse de la lumière, vous ne pourrez pas passer au client suivant avant que j’ai payé
- car OUI MADAME, moi aussi, j’ai un défi : “ne JAMAIS payer avant d'avoir tout rangé”. NA !

J’essaie de lutter contre toute forme de réaction hargneuse face à ce genre de comportements. Mon défi personnel depuis que je suis rentrée : Keep smiling. C’est dur, mais un sourire est toujours plus désarmant. (Pour moi, petit être nerveux, ceci n'est pas vraiment dans ma nature.)

#7

La 1ère fois que je suis allée courir en ville, j’ai eu envie de pleurer (#chochottepower). Pourquoi les gens sont si renfermés sur eux-mêmes ? Pourquoi l’idée même de lever la tête et regarder la personne qu’on croise semble si hallucinante ? Pourquoi est-il si difficile d’envisager un simple petit bonjour ? Et pourquoi, si je dis bonjour, certains ne prennent même pas la peine de lever les yeux sur moi ?

Sincèrement, ça m’a beaucoup affecté (petit être nerveux ET sensible avec ça… on n’est pas sauvé). Dans ma petite ville californienne, mon morning run me faisait rentrer avec le sourire. Le grand sourire, le bonjour, et même le petit salut de la main, c’est la norme là-bas. Pour tout dire, ça m’avait choqué dans l’autre sens, en arrivant. “Qui est cette personne qui me fait signe de la main ? On se connait ? Ben non… un peu de retenue, tout de même !”. Maintenant, ce runner inconnu que je croisais toutes les semaines et qui avait fini par me taper le high five à chaque rencontre me manque terriblement.

Voulant suivre le positivisme américain légendaire, j'ai réagi avec le #hiontherun movement. (Z'avez-vu un peu cette auto-promotion/marketing/auto-invention ?) Trêve de plaisanterie, j'ai décidé de dire bonjour à chaque personne croisée. Essayez, ça ne fait pas de mal !

#8

Quand je veux contacter ma soeur, mon premier réflexe reste souvent de regarder l'heure et d'ajouter 9... sauf que, dorénavant, on est sur le même fuseau horaire.

#9

Le jeudi soir a retrouvé une saveur particulière : le soir de "Envoyé Spécial" (passion secrète passée de père en fille).

#10

J'ai retrouvé Playmobil, le soir, à 20h ! (comprenne qui pourra)

#11

Les raisons pour lesquelles je détestais conduire, en France, se sont vite rappelées à mon bon souvenir : Y'a besoin de faire des routes aussi étroites et tarabiscotées ? Et QUI a un jour décidé de faire des places de parking aussi petites ?

#12

Sinon, j'sais pas si vous étiez au courant mais, la France est le pays du dos d'âne et du rond-point.
(#passionfrancaise)

#13

Enfin, sachez que, quand on s'arrête à une intersection, il est normal de caler en souhaitant repartir si on n'est pas repassé en 1ère... Oui, oui, je pense devenir monitrice d'auto école. Vive les boîtes manuelles !

#14

Un dimanche, en France, c'est déprimant. TOUT est fermé. Notre nouvelle activité dominicale : trouver LA boulangerie ouverte. C'est du défi, les gars.

#15

Ecouter KROQ dans Spiky me manque. Avec Tigrou (je ne vous ai pas encore présenté notre nouvelle voiture !), je me suis rabattue sur ChérieFM (rien à voir) dans l'espoir de pouvoir chanter du JJG à tue-tête. Tant qu'à être en France, autant en profiter. A croire que c'est trop daté, même pour ChérieFM, je n'ai réussi qu'une seule fois. Le reste du temps, je me suis tapée des chansons pourries. (désolée pour les inconditionnels de ChérieFM)

#16

Le matin, à 6h30-7h, il fait presque encore nuit. Ca perturbe mon âme de "morning person". Je comprends mieux pourquoi les Français sont moins lève-tôt que les Américains.

#17

On finit sur une note positive : j'ai pu fêter les 90 ans de ma mamie, en live, et non au travers de l'écran d'un ordinateur.


Réadaptation "in progress"...


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