Ventura Triathlon Olympic Distance ou récit de mon 1er triathlon

Breath of Life Ventura Triathlon, olympic distance (1.5K swim / 40K bike / 10K run). C'était dimanche, 28 Juin 2015, et c'était mon 1er triathlon. Sans réelle grande surprise, j'ai adoré. Je vous raconte.

LA VEILLE

Depuis le marathon, je ne suis plus vraiment stressée les jours menant à des courses importantes pour moi. J'accueille ce changement avec plaisir. Pour le triathlon, ça a été le même scénario. J'étais tendue, un peu irritable (pauvre playboy), mais pas stressée.

Comme je l'ai dit, un triathlon demande pas mal de logistique et de préparation, autres que sportives. En 1er lieu, il y a le vélo : nettoyage, pression des pneus, graissage de la chaîne, check du kit crevaison (en espérant ne pas avoir à l'utiliser). Dans la semaine, je m'étais entraînée au démontage de pneu/changement de chambre à air/remontage de pneu. Samedi, j'ai refait un essai de démontage/remontage de la roue arrière qui me posait souci. Si crevaison il y avait, je savais que j'étais prête.

Une fois le côté mécanique prêt, il a fallu rassembler toutes les affaires dont j'allais avoir besoin et être sûre de ne rien oublier.

Vêtements pour l'avant-triathlon / vêtements pour l'après-triathlon / matériel pour la partie swim / matériel pour le vélo / matériel pour le run / affaires spécifiques à la course (le strap cheville avec le timing chip, le dossard, les numéros pour mettre sur le vélo)

Ca en fait, du bazar ! Définitivement, le run est le sport le plus light niveau matériel.

MATIN DU TRIATHLON

Ouverture de la zone de transition à 5:30 / briefing obligatoire d'avant course à 6:50 / départ de la 1ère vague à 7:15. Ca donne un réveil à 3:50.

J'avais tout préparé la veille donc j'étais sereine. Petit-déjeuner, habillage, salle de bains, dernier check des sacs. A 5:15, on était dans la voiture. Sentiment prédominant : la peur de l'inconnu. Sinon, ça avait (et ça a toujours) un goût d'irréel. Je ne réalisais pas qu'on y était, mon 1er triathlon. Certes, je me suis entraînée pour, mais, pour moi, le triathlon est réservé aux sportifs purs et durs. Je ne me considère pas comme telle.

SETTING DE LA TRANSITION / L'AVANT DEPART

Une fois sur place, mon vélo et toutes mes affaires sous le bras, je me suis dirigée vers la zone de transition. Dans cette zone, seuls les concurrents sont autorisés. Nous avons un bracelet qui reste à notre poignet jusqu'à la fin. Il est vérifié à chaque fois que nous entrons/sortons pour mettre en place notre transition ou récupérer nos affaires après la course.

Cette zone est constituée de lignes de "racks" sur lesquels on pose les vélos. Pour ce triathlon, les racks étaient assignés par vague de départ du swim. J'étais dans la wave 4, constituée des femmes de 39 ans et moins, Olympic Distance. Nous avions 3 racks, sur lesquels nous nous placions comme nous le souhaitions.

Arrivée tôt, j'ai pu choisir ma place. J'ai choisi un rack avec une poubelle au bout. Facile à repérer. Une fille avait déjà mis son vélo en bout. Je me suis placée près d'elle. Je me sentais un peu déplacée. Elle était habillée aux couleurs de la team California Triathlon, les vélos autour étaient des machines de guerre, tout le monde avait l'air de savoir exactement ce qu'il faisait. BREF, un poil impressionnant. J'ai tenté une petite conversation avec ma voisine. Elle m'a répondu gentiment mais n'a pas fait suite.

J'ai zieuté sa façon de faire et j'ai fait pareil : serviette repliée étalée sous le vélo, largeur du vélo. Puis j'ai positionné mes affaires : le run à gauche, le bike à droite, de la place, au fond, pour poser la combi après la nage. Chaussettes dans les chaussures. Casque ouvert et retourné. Fuel et montre GPS dans le casque. Ceinture porte-dossard à côté. J'ai vérifié mes petites listes pense-bête (OR-GA-NI-SA-TION, les gars).

Entre-temps, les racks se remplissaient. Et ça rigolait pas, du côté de l'olympic distance (c'était visiblement plus amateur du côté du sprint). Il est clair qu'il n'y avait que des road bikes, sans parler des Time Trial avec roues pleines... Le vélo de mon voisin (celui que j'ai utilisé, donc) n'est pas une machine de guerre (un vieux Peugeot des années 60), mais, au moins, j'avais un road bike. Je dénotais déjà, dans le décor, je n'ose pas imaginer ce que ça aurait donné avec mon propre vélo !

En face de moi, une fille de l'équipe nationale de triathlon est venue se placer. Combinaison de triathlon avec le drapeau américain, son nom et le pays inscrits au dos. Machine de guerre, casque aérodynamique. Je me suis faite toute petite. Le playboy qui patientait aux barrières m'a lancé un petit conseil : "Surtout, ne touche pas son vélo ! Tu pourrais faire tomber son casque." Pour info, c'est elle qui a fini 1ère féminine.

Je suis passée au traditionnel body marking du triathlon : numéro marqué sur le bras et la main gauche, âge à l'arrière du mollet gauche. Ce truc-là, c'est un peu mythique, dans ma tête (je pensais d'ailleurs que ce n'était réservé qu'aux plus gros triathlons). Ca m'a fait bizarre. J'y étais vraiment.

Après vérifications et re-vérifications de ma transition, place au rituel de la combinaison pour l'enfiler jusqu'à la taille. Puis ça a été l'heure du briefing, suivi de l'hymne américain chanté en live avec la majorité des athlètes main sur le coeur et tournés vers le drapeau américain.

L'heure était arrivée. J'ai quitté définitivement la transition, direction le playboy pour m'aider à mettre le haut de la combi, puis la plage.

LE SWIM - 1.5K

Dans la semaine précédent le triathlon, comme je vous l'ai dit, ici, j'avais peur de toutes les inconnues liées à ce nouveau sport. J'ai envoyé un email de détresse à Abby, du blog "Change of Pace", pour lui demander conseil. Elle est impressionnante à la fois par ce qu'elle fait (4 Ironman à son actif), mais aussi par sa gentillesse. Elle a pris le temps de me répondre en détails. Ca m'a beaucoup aidé et calmé. Je tiens encore à la remercier.

Abby m'avait conseillé de rentrer dans l'eau avant le départ, sentir la température, mettre la tête sous l'eau, faire quelques mouvements si possible, histoire de se calmer. J'ai suivi son conseil.

J'ai trouvé l'eau froide. J'en suis ressortie tremblante. Je ne peux pas dire avec certitude si l'eau était réellement froide ou si c'est l'imminence du départ qui m'a donné cette impression.

La première vague devait partir à 7h15, les suivantes à 5 minutes d'intervalle chacune. 3 vagues pour les hommes, Olympic Distance, puis la première vague féminine pour l'Olympic, dont je faisais partie. Chaque vague était identifiée par un bonnet de couleur. Ma vague : silver cap !

J'ai essayé de comprendre comment étaient placées les bouées qui devaient marquer notre parcours. Il y en avait partout, de couleurs et tailles différentes. Je n'étais pas la seule à être dans le flou. J'ai profité des explications données par un homme de la 1ère vague à un de ses concurrents. Ca m'a permis d'identifier la 2e grosse bouée jaune marquant un virage. Elle dépassait à peine derrière les rochers d'une digue, loin, très loin...

Gloups... c'est que je ne m'imaginais pas le parcours si large. C'est une chose de faire des allers-retours dans une piscine. Ca en est une autre de VOIR le parcours étalé sur une boucle. Et encore, pour faire la distance olympique, nous avions 2 tours à faire.

Les hommes de la première vague se sont préparés. L'heure est arrivée mais pas de départ. Explication : ils étaient en attente d'une ambulance, obligatoire pour la sécurité.

Moi, pendant ce temps, je doutais sérieusement du pourquoi du comment je m'étais embarquée dans une aventure pareille. Je tremblais, de froid, de peur, je ne sais pas bien. Je ne me sentais pas à ma place autour de tous ces athlètes. Le playboy essayait de me motiver. Il était euphorisé par l'ambiance de la course et était excité pour moi. Moi, pas !

Avec un quart d'heure de retard, le top départ a enfin été donné. Les 1ers hommes ont été lâchés, comme une colonie de petits pingouins dans l'océan.

Finalement, ça a été notre tour de nous aligner dans le SAS. Je suis restée à l'arrière, sur le côté gauche pour être sur l'extérieur. Dernières instructions, puis compte à rebours. GO TIME ! C'était parti pour mon 1er triathlon.



Contrairement à ce que je craignais, je n'avais pas le souffle court à cause du départ. Nous n'étions pas beaucoup et j'étais derrière donc je n'ai pas été bousculée. Malgré tout, se retrouver encadrée, avec des nageurs de tous les côtés, est assez spécial. Je me sentais coincée dans le flot.

Je pense que j'ai nagé un peu trop vite au départ car mon coeur s'est accéléré. Je n'arrivais pas à trouver mon rythme, mais, même en piscine, il me faut quelques longueurs pour ça.

Première ligne droite, le long d'une digue. La 1ère bouée jaune qui annonçait le 1er virage était un peu plus loin que le bout de la digue. C'était plat, mais, une fois la digue passée, ça s'est corsé. C'était l'entrée d'un port donc on se retrouvait dans les courants et les vagues venant de l'océan et des bateaux.

J'ai été surprise. Les courants me poussaient vers l'intérieur. Les vagues étaient plus grosses. J'étais chahutée. S'est ajouté à ça le fait que des hommes des vagues précédentes nous rattrapaient. J'étais suivie par un homme qui nageait sur mes jambes. Logiquement, ce n'était pas à moi de changer ma trajectoire mais il ne voyait pas ça de la sorte.

J'avais prévu de tourner bien large pour ne pas être dans la cohue inévitable près de la bouée, mais, à cause des courants, je me suis retrouvée pile dessus. Les vagues, les courants, les autres nageurs, j'ai bu la tasse et j'ai eu peur. J'ai tourné. Je suis passée à un rythme de respirations plus court pour reprendre mon souffle.

Longue ligne droite vers l'autre bouée, avec les courants favorables. Ca s'est élargi autour de moi. Je me suis calmée et me suis concentrée sur ma respiration.

Je me suis détendue. J'ai retrouvé mon rythme normal de respiration. Ca allait mieux.

2e bouée, 2e virage. Je l'ai mieux négocié.

Ligne droite parallèle à la plage, passage entre 2 bouées avant de tourner, direction la plage.

Nager le plus loin possible, se lever, courir dans l'eau puis le sable, passer sur le timing mat, puis retour dans l'océan. 1 tour de fait.

Ca y est, j'avais trouvé mon rythme. Concentrée, et dans la course. Je savais à quoi m'attendre et j'étais plus confiante.

Sans le calculer vraiment, j'ai pris VRAIMENT large sur la ligne droite après la plage. La peur du chaos auquel j'avais été confrontée sur la 1ère bouée, au 1er tour. D'autant plus que nous étions de plus en plus dans l'eau, entre toutes les vagues. J'ai réalisé que j'avais pris trop large quand ma trajectoire s'est retrouvée derrière un des maitre-nageurs présents dans l'eau, assis sur une planche, pour la sécurité et pour marquer la course. J'ai essayé de rectifier.

1er virage bien négocié, longue ligne droite. Je pense avoir dérivé car j'ai réalisé que j'étais un peu éloignée du flot des autres nageurs. Voilà pourquoi j'étais si tranquille, dans mon coin. De nouveau, j'ai rectifié ma trajectoire.

Après le 2e virage, j'ai tilté : c'était la dernière ligne droite. Le swim, partie qui me faisait le plus peur, allait être derrière moi. Ca m'a rendu fière. J'ai tenté d'accélérer.

Nager le plus loin possible, se relever, sortir de l'océan. J'avais fini le swim !! Fierté, boost mental et hop, passage en mode transition.

[Temps officiel : SWIM 1.5K 36:11]

LA TRANSITION 1

Courir le plus vite possible, dans le sable, tout en enlevant le haut de la combi, puis le bonnet et les lunettes. J'ai entendu le playboy, sur le côté, qui m'encourageait. J'étais contente de moi. Lui aussi, je l'ai bien vu. Il savait que c'était la partie qui m'ennuyait le plus. Je lui avais demandé de me donner mon temps approximatif (je n'ai pas de montre multi-sports donc je n'avais pas de montre sur le swim), juste histoire de me booster, soit de joie, soit de rage. Tout en courant près de moi, il m'a crié : "C'est bon, tu t'es bien débrouillée, tu n'es pas la dernière de ta vague !"

Fin du sable, bitume et entrée en transition. Ma peur de ne pas retrouver ma place s'est avérée infondée. Je n'ai même pas réfléchi. J'ai foncé droit dessus.

J'étais concentrée sur l'ordre des actions à faire. D'abord, combi. J'ai entendu le playboy, aux barrières. Je ne m'en suis pas rendue compte lors de la course, mais le playboy ayant filmé ma transition, j'ai bien vu que mon obsession a été de lui demander mon temps de swim (qu'il ne m'avait pas donné sur la plage). Il m'a annoncé : dans les 35 minutes. J'avais donc limité la casse.

Attention, ce n'est pas un temps fabuleux, loin de là, mais c'est tout à fait ce que je vaux. Donc, pas de surprise.

J'ai pris mon temps pour ne rien oublier. Pas la peine de vouloir gagner des secondes si c'est pour faire n'importe quoi.

Casque clipsé, récupération du vélo, course vers la sortie de transition.

[Temps officiel : T1 2:48]

LE BIKE - 40K

Nous n'avons pas le droit de monter sur le vélo avant la "mounting line" donc nous courons, avec les chaussures de cyclisme, à côté du vélo, jusqu'à cette ligne, située un peu après la sortie de transition.

Mounting line, j'ai enfourché mon vélo, et boom, bike ride mode enclenché.

La peur du départ avait totalement disparue. J'étais super contente d'être là. Avoir fini le swim m'avait soulagé et boosté. Rapide ou pas, la distance du vélo, je savais la faire et je la ferai.

Parcours : route pour sortir du port, puis longue ligne droite, 3 tours d'une boucle, et retour.

Sur la ligne droite, j'ai vu, de l'autre côté de la route, la 1ère féminine qui finissait son 1er tour. J'ai pu encore mieux observer les machines de guerre... La course était plate donc les vélos Time Trial (de contre la montre) étaient de sortie.

J'ai fait mon train. Contente d'être sur "mon" vélo. Ca avançait bien. Un peu plus de monde à passer à partir de la 3e boucle car ça se remplissait des concurrents du Sprint (qui, pour la majorité, n'avaient pas de super vélos). J'ai fait attention de bien suivre les règles pour doubler et me rabattre. Il y avait un peu de vent, mais rien de très méchant. Des boucles donc, forcément, si nous avions le vent de face sur une partie, nous l'avions favorable, sur une autre.

Je me suis obligée à boire et à manger. Le vélo, c'est LE moment pour s'occuper de tout ça.

J'allais vite et ça m'inquiétait un peu. Je n'ai pas de montre GPS spécifique au vélo. Comme lors de mes entrainements, j'ai utilisé ma montre running. Je n'avais pas ma vitesse moyenne, mais, l'allure par mile, et je voyais bien que j'allais plus vite que d'habitude. J'avais passé l'heure entre 17 et 18 miles (27-29 km). Rapide pour moi.

D'un côté, je me sentais bien et, zut, c'était une course ! De l'autre, je l'avais dit et redit, écrit ici : je tenais à pouvoir bien courir donc faire attention sur le vélo. Je me faisais des deals : "OK, tu continues jusqu'au prochain virage et tu ralentiras après.." (virage passé) "OK, j'suis toujours bien... prochaine ligne droite, on verra", et ainsi de suite.

Pas de souci particulier sur la partie vélo. J'ai échappé à la crevaison ! Une seule petite chose : un mec faisant le sprint a joué avec moi. Son allure était moins rapide que la mienne. Je l'ai dépassé. Abby m'avait conseillé de dépasser avec conviction (bien pédaler pour s'éloigner). Je l'ai fait puis je me suis remise dans mon rythme. Un peu plus loin, le revoilà qui me passe, clairement en forçant. Il s'est rabattu de suite, m'obligeant à freiner pour ne pas rester dans sa zone de draft. Puis il a ralenti, me faisant donc ralentir aussi. Abby m'avait prévenu de ces pratiques pas très fairplay. Ca m'a bien énervé ! Ne vous inquiétez pas, je ne me suis pas laissée faire. Je l'ai passé pour la 2e fois et je ne l'ai pas revu. NANMÉOH ! (et comment vous voulez que je ralentisse quand on me cherche comme ça ?)

Fin des boucles, ligne droite, j'ai vu le playboy une dernière fois sur le parcours vélo. J'ai pris une pâte d'amandes pour un boost de sucre et donc d'énergie pour attaquer la course à pied.

Virage dans l'avenue menant au port, j'ai descendu ma vitesse pour mouliner un peu et préparer mes jambes à la dernière étape, la cerise sur le gâteau : le run.

[Temps officiel : BIKE 40K 01:22:09]

LA TRANSITION 2

Même principe que la "mounting line", une "dismount line" avant l'entrée en transition (il faut descendre du vélo AVANT la ligne). Puis, course avec le vélo, vers ma place.

C'est une transition dont j'avais l'habitude car je faisais mon combo "bike+run" (ou brique, pour les pros) une fois par semaine. Racker le vélo, retirer le casque, enlever les chaussures, mettre les chaussures de running, faire les lacets, prendre mon running fuel par précaution, prendre bandeau ou casquette. Bizarrement, j'ai un peu buggué et perdu du temps. Mix up dans ma tête, je me suis arrêtée dans mes mouvements. Je retire le fuel du vélo que j'ai dans les poches ? Bandeau ou casquette ? Oui, non ? J'ai laissé dans les poches. J'ai pris la casquette. C'est une affaire de quelques secondes mais ça n'a pas été aussi smooth que ça aurait pu l'être et je m'en suis voulue. Je n'aurais PAS dû me poser de questions.

J'ai enfin décollé vers la sortie de transition, en prenant soin de réinitialiser ma montre pour pouvoir manager mon run.

[Temps officiel : T2 01:38]

LE RUN - 10K

Dernière partie, le run, j'y étais. MA partie. Après les doutes et les sensations de sports inconnus, je passais en mode familier. Là, je savais comment gérer mon effort. J'étais beaucoup plus sûre de moi.

J'ai volontairement poussé mon effort, dès le début. En entrainement, j'avais fini par noter que l'effort ressenti sur un run après un bike ride est faussé. Pour moi tout du moins, il me faut être très attentive car un relâchement dans l'effort qui, sur un simple run, n'impacte pas fortement ma vitesse, équivaut à un énorme drop s'il s'agit d'un run précédé par une sortie vélo.

Je suis donc partie fort pour être sûre d'être dans une allure difficile. Le but étant de trouver, au final, un juste milieu pas trop lent et de faire comprendre à mes jambes que, oui, on n'en avait pas fini et que, non, je n'allais pas les écouter.

Comme on me l'avait prédit, je dépassais beaucoup de monde. C'était un aller-retour, sur l'avenue empruntée en vélo. J'ai vu la 1ère féminine, de l'autre côté. J'ai été impressionnée par son rythme.

Je savais que je n'allais pas apprécier le parcours. Ligne droite et demi-tour, tout ce que je déteste. Je me suis concentrée sur mon rythme, les personnes devant et le fait que j'étais en train de courir mon 1er triathlon.

(c'est en voyant les photos que j'ai compris que, contrairement à mon ressenti pendant et après la course, oui, j'ai souffert sur le run)

J'allais vite. Trop vite ? J'ai décidé de ne penser que mile par mile : "Je peux tenir cette allure jusqu'à la fin du mile ? Je tente". Je me répétais que, 10K, vraiment, c'était rien. Dernière épreuve du triathlon, j'avais encore de l'énergie. Pour l'utiliser entièrement, c'était maintenant ou jamais.

Après le demi-tour, j'ai trouvé une distraction : l'âge marqué sur le mollet des personnes que je rattrapais. Sur un homme, j'aurais pu savoir combien de temps avant moi il était parti (sauf que je suis incapable de faire des maths en courant, même basiques). Sur une femme, j'avais l'espoir de dépasser quelqu'un de ma catégorie d'âge. J'en ai rattrapé une. Ca m'a soulagé : je ne finirais donc pas dernière de mon groupe !

Marque du 5e mile, j'y étais presque. 1 mile et des poussières, se forcer à tenir et accélérer (d'après ma montre, pas d'accélération flagrante).

6e mile terminé, tout donner MAINTENANT. Ne rien regretter, finir en beauté. J'ai effectivement bien accéléré.

J'ai tourné vers la ligne d'arrivée et j'ai terminé mon 1er triathlon, le sourire aux lèvres.

[Temps officiel : RUN 10K 41:50]

L'APRES / LES RESULTATS

Le playboy m'attendait après la ligne, fier de moi. Finir par la course, ca ne m'a pas permis de réaliser de suite que j'avais terminé un triathlon. J'ai d'abord pensé à mon temps de run. J'avais géré en me basant sur mon allure. Mon but avait été de tenir un rythme le plus rapide possible et il s'est avéré que ce rythme était plus élevé que pour mon meilleur temps sur 10K.

J'avais du mal à concevoir ça. Incrédule, j'ai montré ma montre au playboy : "j'ai battu mon temps de 10K..." Il a rigolé et a ajouté : "Avec la nage et le bike dans les jambes !"

J'avais du mal à réaliser que, oui, ça y était, j'étais entrée dans le monde du triathlon. Sensation bizarre de me dire : "Je l'ai vraiment fait ? C'est déjà fini ?"

Avec l'océan juste à côté, une seule idée en tête : profiter de mon rituel préféré d'après-course, la trempette. Sauf que, en 1er lieu, je devais m'occuper de toutes mes affaires en zone de transition. En ressortant, le playboy m'a annoncé que les résultats étaient affichés et qu'il avait pu constater que j'avais fini 3e de mon age group...

Je ne m'y attendais pas DU TOUT. Sincèrement, mon souci premier était de ne pas être déçue si je finissais dernière de mon groupe. Je savais que j'avais dépassé une des filles lors du run donc j'étais soulagée par rapport à ça. Autre objectif un peu secret (même si j'avais fini par l'écrire ici) : finir le run en 45 min. Je l'avais crushé. Bref, j'étais déjà parfaitement contente de moi.

Je suis donc allée constater ce classement par moi-même. Mon temps de run y a largement contribué. J'ai fait le 2e meilleur temps féminin, tous âges compris. La 1ère féminine m'a chippé le meilleur temps, pour 14s. Zut quoi ! Vous êtes pas d'accord qu'elle aurait pu me laisser ça ?

Avant ma petite baignade bien méritée, je suis allée chercher ma récompense. J'ajoute donc une chope de bière à ma collection.

(Y'a que moi qui trouve que je fais liliputienne à côté des filles ? J'suis un si petit gabarit que ça ?!)

Résultats officiels :

CONCLUSION

L'expérience a tenu toutes ses promesses et même au-delà. Les 3 sports, les transitions, le changement de rythme, l'endurance. J'ai adoré.

Par contre, je m'attendais à avoir à aller chercher beaucoup plus loin dans mes limites. Attention, je ne dis pas que ça a été facile. Je m'imaginais ça aussi dur qu'un marathon et ça n'a pas été le cas. Le physique accumule les efforts et on fatigue, mais, par contre, le mental est réinitialisé à chaque changement de sport. Et ça, ça fait une différence.

J'ai très très bien fait de me lancer directement sur l'olympic distance. J'ai déjà eu un petit goût de pas assez. J'aurais été extrêmement frustrée sur un sprint.


J'ai fait un triathlon. Je le réécris car figurez vous que je n'arrive toujours pas à réellement le croire. Moi, un triathlon ? Ben, ouais, et c'était vachement chouette. Bien évidemment, ça me donne envie de continuer !


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