Bandit Ultra Trail Run 30K [2/2]

Après 15 km du Bandit Ultra Trail Run 30K, prêts à la terminer, cette course ? On y retourne.

(N'oubliez pas de lire la 1ère partie : Bandit Ultra Trail Run 30K [1/2]. Pour rappel : ma course, en noir / la course du playboy, en gris.)

Faux plat montant/début de la 2e montée : mile 8.9 - mile 12.4

Alors, gros débat avec le playboy sur cette partie. Moi, je dis : "faux plat montant". Lui, il dit : "début de la 2e montée". Je vous laisse juger les dénivelés. Je veux pas vous influencer mais, voyez, y'a un peu un pic à partir du mile 12.4... c'est ce que j'appelle une montée, moi...

Marjolaine

Après arrêt au 2e ravitaillement, c'était parti pour l'infini et l'au-delà. Sans gros ravitaillement pendant 10 km, ma carapace allait enfin m'être utile. Je savais que cette partie allait être dure. J'avais bien boosté le playboy. J'étais donc prête. Je me suis fait un pote, au départ. Seuls, on a discuté et couru un peu côte à côte. Il m'a dit qu'il n'y avait pas grand monde devant nous et une seule femme. Ca ne m'a fait ni chaud, ni froid. Plus, je me demandais bien comment il pouvait le savoir. Son rythme était trop relax pour moi, et il m'a d'ailleurs dit "In five minutes, I'll die". On s'est donc séparés en se souhaitant bon courage.

Il n'y avait plus personne sur le chemin. J'ai croisé 2-3 vélos, et 2-3 marcheurs, dans l'autre sens, qui semblaient se ficher comme l'an 40 qu'une course était en train de se dérouler. Je me suis imaginée, perdue dans les montagnes, avec mon petit dossard et mon sac à dos (l'avantage avec autant de trucs à manger et à boire, c'est que j'aurais survécu LARGEMENT). Et puis, logiquement, c'était impossible que je me sois perdue. J'étais juste seule. C'était long (bien plus long que dans mes souvenirs). Ca montait, l'air de rien...


Le playboy

En quittant, tout ce petit monde, je me sens tout d'un coup un peu seul. Deux coureurs me doublent. Je n'essaie pas de les suivre car je pense qu'ils sont plus rapides. Ils ont juste dû passer plus de temps que moi au ravitaillement. L'écart se creuse tout doucement entre eux et moi.

J'ai aussi découpé cette montée en deux parties. La première partie, je la monte tranquillement, à un bon rythme de trail (6 min/km). Elle n'est pas très raide. Mais elle me paraît plus longue que lors de l'entraînement. Très certainement parce que la dernière fois, je n'avais pas déjà 15km dans les jambes. D'ailleurs, au 15ème km, je fais un petit check de mon temps. Je suis à moins d'1h30. Je suis donc largement dans les temps que je m'étais fixé. Je peux donc continuer sur le rythme auquel je suis. Je me sens encore bien. La chaleur commence à monter, même si, à l'ombre, j'ai froid. Je reste malgré tout à l'ombre, car je ne veux pas entamer mon capital chaleur.

2e montée : mile 12.4 - mile 14

Marjolaine

FINALEMENT, j'ai aperçu l'intersection que j'attendais (avec impatience, en plus... alors que les choses sérieuses allaient reprendre). Il y avait 3 VTTistes, dont une femme, qui m'a acclamée telle une grande athlète. C'est rigolo comment les femmes sont à fond. Un mec voit un autre mec courir, ça le rend pas super fier pour autant, nan ? Je me suis dit que j'allais réfléchir à ça pour m'éviter de penser au fait que ça montait dur. Ca n'a pas marché. J'ai abandonné mon analyse philosophique pour me concentrer sur ma souffrance.

Je me suis autorisée à marcher. Débat dans ma tête : "Trop dur. Y'a personne, de toutes façons." / "C'est quoi ce raisonnement pourri ? Ca change quoi ? T'es là pour te promener ou pour voir ce que tu peux donner ?". C'est la 2e partie qui a gagné. Et puis, surtout, j'ai regardé les alentours. Grand soleil, des montagnes, de la verdure et la possibilité de courir. Que demander de plus ? Bien sûr que c'était dur, mais le but n'est pas que ce soit facile.

J'ai regardé ma montre pour savoir où on en était, niveau distance. J'ai pensé au playboy. Sur tous nos long runs de plus de 20 km, il avait eu des crampes. Ca allait être le point décisif pour lui.

Ascension finale, ça grimpait à pic. Avant la course, j'avais déjà prévu de marcher. J'ai marché mais je me suis aussi bougée les fesses pour courir la fin. C'était la dernière grosse difficulté, après tout.


Le playboy

Arrivé sur la deuxième partie de l'ascension, que je sais beaucoup plus difficile, car plus raide, j'essaie de courir. Je m'arrête aussitôt et commence une marche rapide. En effet, je sens que mes jambes n'auront pas la force de me pousser jusqu'en haut, en courant. Et j'ai encore besoin de garder des réserves pour la descente finale. Je prends un bon rythme de marche rapide. Je rattrape même un des mecs qui m'avaient doublé, après le précédent ravitaillement. Je lui dis un petit mot : "Tough one!". Il me murmure quelque chose. Je ne comprends pas. Je continue mon ascension.

Arrivé à un certain point, je passe un enchaînement de 2 montées/descentes. Dans les descentes, je cours. Dans les montées, je ne peux pas. Je commence à me dire que la fin va être dure. En effet, lors des repérages, j'avais pu courir dans ces parties. Là, ce n’est pas possible. Je sens que j'ai les jambes lourdes. La chaleur commence à faire son effet (il a fait jusqu’à 35°C, en plein soleil). J'essaie néanmoins de garder un bon rythme de marche rapide. Mon acolyte me re-double. Lui, il peut courir... Je me fais aussi doubler par une autre personne, très reconnaissable par sa toison apparente et son short de run des années 80 aux couleurs du drapeau américain. Il me demande si l'ascension est bientôt finie. Je lui réponds affirmativement et il repart, semble-t-il facilement, pour la fin de la montée.

En haut de l'ascension, je peux souffler. Il s'y trouve un mini ravitaillement avec 2 personnes. La volontaire me propose de l'eau. J'accepte et elle commence à m'ouvrir mon sac à dos pour me remplir ma poche. Je pensais qu'ils auraient des gobelets. Je lui demande donc de regarder juste si j'ai assez d'eau pour finir. Elle me dit que oui. Je repars donc en la remerciant et avec ses encouragements.


(En haut, ça donnait ça. Pas mal, hein ?)

Retour vers Rocky Peak : mile 14 - mile 16.3

Marjolaine

C'est bon, on était sur le retour. Le plus dur était passé. J'ai encore pensé au playboy, en espérant que quand il atteindrait ce point, il pourrait en profiter.

Ca commençait par de la descente, vraiment bienvenue ! Je me suis fixée un petit objectif pour m'encourager : ne pas me faire dépasser par un mec en gris que j'avais vu, au loin, lors de la dernière ascension. Devant, j'avais un point de repère, un mec en jaune fluo.

Je me suis laissée porter par les montées/descentes qui ont suivi. Ce n'était pas forcément évident. C'était plus long que prévu. Impossible de voir si, enfin, on était sur la dernière descente. A chaque montée, j'y croyais.


Le playboy

Cette petite pause m'a malgré tout fait du bien. Je pars maintenant sur une bonne descente. Et là, je sens que j'ai très mal aux jambes. Je suis obligé de me crisper pour retenir la douleur de chaque pas, dans la descente.

En bas, j'aperçois un peu plus haut le ravitaillement qui est au début du Chumash Trail. La montée pour y arriver n'est pas très dure. Mais je ne peux pas courir. Dès l'instant que la pente s'élève, mes jambes n'ont plus la force de me faire courir. Donc je marche. Arrivé au ravitaillement, je bois un verre d'eau.

Je me lance ensuite sur le même trail, où tout c'était bien passé dans l'autre sens, pour atteindre Rocky Peak. En repartant, je sens une douleur dans la cheville. J’essaie d'étirer, en vain. C'est ma première crampe. Il me reste un peu plus de 6km.

A l'aller, ça m'avait paru facile car cet enchaînement de montées/descentes descendait globalement. Maintenant, ça va être globalement de la montée. Et pendant toutes ces montées, je n’ai pas pu courir. Mes jambes se tendaient de plus en plus, avec des décharges, de temps en temps, me prévenant de l'arrivée de crampes. Avec la chaleur et les jambes qui me faisaient mal, cette partie paraissait ne jamais se finir. J'attendais, dans la souffrance et avec impatience, que le sommet de Rocky Peak se profile et que j'entame la dernière descente.

Dernière descente : mile 16.3 - mile 19.1

Marjolaine

Enfin, dernière descente en vue. Je ne me suis pas posée de questions. Objectif : arriver en bas. Consignes : rester vigilante car, avec la fatigue, les appuis ne sont plus aussi sûrs. En trail, en descente, on ne peut pas juste laisser couler.

J'ai descendu aussi vite que possible. Encore une fois, le retour vers le single track qui nous menait vers le parc de départ, a semblé bien long.

Je regardais souvent ma montre pour évaluer la distance restante. A un moment, j'ai tilté mon temps. "La distance exacte, c'est 19.3 miles... hhuumm, me semble que je pourrais le faire en moins de 3 heures... CHALLENGE ACCEPTED!".

Une tente, des volontaires : "only 1.5 mile to go! Go smooth on this one." Ah ben, oui, une fois sur le single track que j'avais eu tant de mal à monter, 30 km avant, j'ai ralenti la machine. Difficile à monter ET difficile à descendre. C'était pas le moment de se casser quelque chose.

J'étais super concentrée donc je ne me posais plus la question de savoir si l'arrivée était proche ou pas. Descendre, ne pas tomber. Point.


Le playboy

Je savais que la descente de Rocky Peak serait compliquée avec des jambes fatiguées. Là c'est pire que ce que je pensais. Chaque pas est une souffrance. Dans ma tête, ça devient juste : “mets un pas devant l'autre”. J'ai juste l'impression de trottiner. Ce n'est pas ce que j'espérais dans cette descente mais, au moins, je cours. Il m’arrivait de perdre mes appuis à cause des crampes. J'ai manqué de tomber plusieurs fois.

Après plusieurs minutes, j'arrive au dernier check-point. Celui qui me fait entrer dans la dernière partie de la descente, avant l'arrivée. Ma montre affiche presque 30km et un des volontaires me dit qu'il ne reste plus que 1,5 mile. Je fais vite fait mon calcul et me rends compte qu'à l'arrivée, ça fera 32km.

Ce dernier chemin devient insoutenable. Il était vraiment raide. Ma course ressemble à de la course/marche. Je vais quand même plus vite que les randonneurs. Mais je fais la grimace. J'ai presque envie de pleurer, parfois, quand la douleur est trop souvent présente.

L'arrivée : mile 19.1 - mile 19.8

Marjolaine

Enfin en bas ! J'y étais. J'ai regardé mon temps : 2:58. "FFOONNCCEE !!!" J'ai accéléré... sauf que... ben, y'avait personne. Des flèches au sol, des tours et des détours. J'ai suivi en me demandant si j'étais bien sur le chemin d'arrivée et non sur les flèches du départ. J'étais super étonnée car, sur le tracé GPS donné sur le site de la course, l'arrivée était en ligne droite.

Encore un virage, des volontaires, cette fois. J'étais sur le bon chemin. J'ai vu l'arrivée, à ma gauche, au bout du chemin en crochet. J'ai sprinté. J'ai dépassé des coureurs du 15K. Une femme a essayé de s'accrocher. Elle courait le 15K, mais, quoiqu'il en soit, elle ne me grillerait pas, foi de tortue ninja.

J'ai passé l'arche d'arrivée, acclamée par un superbe "Marjoliiiine !!!". C'était fait. Très belle course. Mon premier sentiment : la joie, d'avoir retrouvé les sensations de la course, et de m'être poussée. Ca fait du bien. J'ai réalisé que ça m'avait vraiment manqué.

3:02. Pas moins de 3 heures, mais, la course était plus longue que les 19.3 prévus (19.8 miles au compteur) donc mes calculs n'étaient pas bons. Aucune importance.


Le playboy

Arrivé en bas, il ne me reste (d’après ce que j'avais vu sur le tracé) plus qu'une ligne droite. Je me motive donc pour donner tout ce qu'il me reste et faire abstraction de la douleur. Je me dis que l'arrivée n'est pas loin et que je vais croiser des gens pour m'encourager à finir. Et bien, ce n'est pas le cas, le chemin reprend vaguement la boucle qu'on avait fait au départ. Je me sens un peu perdu. Je ne vois personne de la course. Ma motivation commence à s’envoler. Je me pousse à courir mais c'est trop dur. Une petite pente m'achève. Je marche.

Je commence à entendre la sono d'arrivée. Je repère qu'il ne reste plus qu'à descendre. Je me dis : "Allez, tu cours jusqu'à l'arrivée". C’est ce que j'ai fait et les encouragements des gens ont bien aidé. Je voulais aussi faire bonne figure. J'entends aussi Marjolaine, puis je l'aperçois.

Je passe la ligne d'arrivée. Je m'arrête net au côté de Marjolaine. J'ai chaud. J'ai mal aux jambes. Je prends ma médaille. Mais je ne suis même pas soulagé. Sur le moment, je n'apprécie pas le fait d’avoir fini la course. Mon temps de 3h27 ne me fait ni chaud ni froid. J’ai mal, au point de pratiquement avoir envie de pleurer.

L'attente du playboy

Marjolaine

J'ai pris une bouteille d'eau. J'ai marché un peu, me suis dirigée vers le ravitaillement pour trouver quelque chose de frais. J'ai mangé des bouts d'orange et dit non à la part de pizza qu'on me proposait (C'est un truc des courses trail ça ou bien ?). Par contre, j'ai découvert un super snack d'après-course : pretzels fourrés au peanut butter. PAR-FAIT.

Je scrutais les coureurs prêts à arriver pour être sûre de ne pas louper le playboy. Son objectif était de moins de 4 heures. J'avais normalement un peu de temps devant moi, mais j'espérais bien le voir débouler en avance. Je me suis mise à l'ombre et j'ai attendu.

De loin, j'ai reconnu sa foulée. Ni une, ni deux, j'suis partie en courant pour l'acclamer. Il semblait bien et, pourtant, il ne sprintait pas. Je ne comprenais pas pourquoi. Pour le coup, j'étais toute émue. Je savais que cette course était importante pour lui. Je ne l'avais jamais vu autant impliqué dans un entrainement. C'était l'aboutissement.

Il a passé la ligne d'arrivée, moi, sur le côté, à l'encourager. Quand il s'est appuyé sur moi pour marcher, j'ai compris que la fin avait été difficile.

3:27 au compteur, il peut être fier, et d'autant plus qu'il a, une nouvelle fois, dû faire avec des crampes.

L'après-course

Marjolaine

Je ne regrette pas d'avoir finalement décidé de la courir. Sur une course trail, il est difficile de se promener d'un point à un autre du parcours. Je n'aurais donc pas pu être beaucoup plus présente pour le playboy, si je ne l'avais pas couru. La course sur trail, c'est vraiment autre chose. J'ai adoré me retrouver totalement seule, et pourtant en course. C'est une belle sensation.

La course en elle-même était très bien organisée, dans une ambiance chaleureuse et familiale. On se sentait un peu comme dans un grand groupe d'amis. On remet ça quand ?

Le playboy est content de sa médaille dont il a déjà fait bon usage. Regardez moi ça...

C'est mérité. Il finit en 3:27:19 (17e sur 116 - 4e age group), pour 32 km et un dénivelé de 1250m.

Et moi, j'ai ajouté 2 petites choses à une collection commencée récemment.

3:02:25 - 6e au général (sur 116) / 2e femme / 2e place age group


Le playboy

Une fois la douleur passée et un peu rafraîchi, je me dis que je suis content de l’avoir fait. C’est un aboutissement pour moi. J’ai pu préparer cette course sans blessure durant l’entraînement. Maintenant, je ne peux vraiment pas être satisfait de ma course. J’ai pour objectif, la plupart du temps, de pouvoir finir les courses correctement. Là, j’ai été freiné par la fatigue musculaire et non parce que je n’avais plus de jus. Dans ma tête, je pouvais courir encore plus, plus longtemps.

Cette course ne m’a absolument pas dégoûté des trails, bien au contraire ! Je suis bien motivé pour aller plus loin... qui a dit un 50K ? (Non Cédric, pas le marathon des sables ;-)). Mais il va falloir que je travaille et étudie ces histoires de crampes (Avis aux connaisseurs ! Je précise que j'ai utilisé des salt capsules durant la course).

Je ne l’ai pas dit dans la récap. Je suis un peu perso, hein ? Mais, j’ai eu, tout au long du parcours, une pensée pour Marjolaine. Même si je dois vous avouer que je ne m’inquiétais pas trop pour elle. Tant que je ne voyais pas sa carapace verte sur le bas-côté du chemin, c’est que tout allait bien.

J’ai aussi une pensée pour les organisateurs de la course. Ils sont vraiment géniaux et chaleureux, et ils le transmettent bien. Les volontaires aussi étaient aux petits soins. Si vous passez par là bravo et merci à vous !


Une très belle expérience qui renforce le fait que nous ne sommes pas prêts de déserter les trails de Californie !


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