Ojai half marathon, 27/04/14

Dimanche, j'ai couru mon semi-marathon objectif : le semi-marathon de Ojai. Une course vallonnée, sur un très beau parcours, c'est ce qui nous avait attirés... mais qui nous effrayait aussi. Ca s'est avéré être une course intéressante qui s'est passée beaucoup mieux que prévu.

Je partais défaitiste. Baisse d'énergie et de motivation, j'avais l'impression d'avoir décroché (entrainement trop long ?). J'analysais le tracé de la course, les côtes, leur nombre, leur longueur, et je me disais que, vraiment, j'aurais dû mieux m'entrainer pour ça. Niveau objectif, sincèrement, je ne me sous-estimais pas, j'avais du mal à prédire comment j'allais gérer une course vallonnée. Je voyais les choses de la sorte : plus de 1h45, DECEPTION, je suis nulle en côtes / moins de 1h45, ça va, mais j'ai du travail pour gérer les côtes / 1h40, c'est bon, j'ai géré. Je n'étais pas stressée, juste déçue car j'avais l'impression d'avoir loupé le coche et m'être plantée dans mon entrainement. Le playboy, lui, avait décrété qu'il ferait la course en mode "promenade". No stress, arrêts aux points d'eau, on profite du paysage, le nez au vent.

Préparation de mes ravitaillements perso : sucre en morceaux / energy chews (comme des bonbons, testés lors des long runs, pas forcément convaincue de l'efficacité supérieure ou pas au sucre... mais j'ai préféré avoir l'option)

Dimanche matin : réveil 5h - petit-déjeuner - préparation - voiture - 7h, arrivée sur le lieu de la course, une heure avant le départ

Je n'ai pas bien dormi et je suis anxieuse à cause de cette satanée idée "géniale" de faire un semi-marathon avec des côtes. "Youhou, ça sera trop chouette ! Ca va être intéressant !"... Je vois les montagnes autour, c'est super joli, certes, mais ça ne me rassure pas.

L'ambiance est sympa. C'est une petite course mais pas autant que notre 10K précédent. C'est plus formel. On a des puces de temps. Il y a une vraie ligne de départ/arrivée. J'ai le temps de vérifier la map et le placement des points d'eau. Il y a beaucoup de filles. Ca nous frappe par rapport aux courses en France.

30 minutes avant le départ, on part trottiner pour s'échauffer. Ca me permettra de me relaxer. Je sens mes jambes légères et fraiches. Ca me rassure. Je suis plus détendue et je suis enfin contente d'être là. Je vais faire ma course. On verra bien ce que ça donnera.

Avant le départ, je briefe le playboy. "Les premiers 5K, en descente, tu peux y aller. C'est là qu'il faut gagner du temps. Après, c'est la plus grosse montée, sur 2 km. Tu bois avant la 2e montée, un peu avant le 10e km." Je lui fais la course, mais je pense que c'est plus pour moi que pour lui. Lui, il y va au feeling. Moi, j'ai mon pense-bête sur le bras.

1 minute avant le départ, le speaker nous demande de nous placer dans les SAS qui partiront avec 2 minutes d'écart pour fluidifier car on va courir sur un bike path assez étroit. Je ne suis pas très à l'aise dans le premier SAS, mais c'est mon pace range (moins de 5 min/km).

"Heu, sviouplait, les gens, vous voulez pas vous mettre devant moi ?"
Crédit photo : Mike Wrather - www.athletez.com

8h, top départ. Je lance ma montre et vérifie, cette fois, que j'ai bien appuyé. Nous sommes une vingtaine de coureurs à partir. Ca part très vite devant. On rejoint un bike path que l'on va suivre pendant 5 km. Je vais vite, mais je suis bien et je sais qu'on descend. Je repère un groupe de 3 filles qui ont une superbe foulée et qui discutent tranquillement de leur week-end... alors qu'elles tiennent un pace inférieur à 4:20 min/km. Je suis impressionnée et me dis qu'elles doivent gérer à fond. Si elles discutent là, c'est qu'elles vont envoyer après ! Une femme me dépasse et dépasse le groupe des 3 rapidement. Je la vois qui accroche les mecs devant et essaie de grappiller, petit à petit, les places. Je cours relâchée même si mon pace est rapide. Petit à petit, je me retrouve juste derrière les 3 filles. J'hésite un instant à doubler et puis, chacun sa gestion de course. Je sais très bien que je les reverrai, mais là, si je peux dérouler, j'y vais.

Départ du premier SAS
Crédit photo : Mike Wrather - www.athletez.com

Miles 1 - 2 - 3 / Km 1.6 - 3.2 - 4.8

3e mile, on sort du bike path pour rejoindre une route de campagne. Grande descente puis un peu de plat. Je me prépare pour LA montée que je sais toute proche. J'ai, en ligne de mire, une file de 4-5 coureurs dont la femme qui avait dépassé le groupe de filles avant moi.

Virage à droite, et, on y est : la montée. "Reste calme, respire par le ventre, pousse pour garder un pace décent mais gère pour ne pas laisser le coeur trop s'emballer." C'est ma façon d'aborder les montées. Je dépasse un mec. Je me détends en regardant le paysage. Je me rapproche de la femme. Elle a ralenti. Je la dépasse. J'arrive au bout de la montée. On est près d'un lac. C'est beau. J'en profite en reprenant mon souffle. Je retrouve rapidement une foulée normale. Je ne veux pas la jouer facile alors je ne me laisse pas couler et accélère rapidement pour retrouver un pace soutenu. Je sais qu'il va y avoir une descente. Là, je pourrai relâcher un peu.

J'ai retrouvé mon souffle. Je prends un sucre maintenant, avant la montée au 10e km. Point d'eau, je veux boire, mais ce sont des gobelets. C'est plus écolo que les bouteilles, je suis d'accord, mais c'est super dur de boire en courant. Je manque de m'étouffer et d'avaler par le nez. J'arrive tant bien que mal à boire une gorgée.

Miles 4 - 5 - 6 - 7 / Km 6.4 - 8 - 9.6 - 11.2

Cette montée est plus progressive et morcelée. Je tiens le coup. J'entends des gens derrière moi. Ca avance vite. Je me décale pour laisser passer. Ce sont 2 filles du groupe des 3 du début. Elles avancent l'une derrière l'autre, à l'aise. Je regarde admirative. C'est comme si un train venait de me dépasser. Il y a du niveau ! Et puis, juste après, revoilà la femme que j'avais dépassé dans la première montée. Elle a dû tenter de les suivre. Elle me colle et m'oblige presque à courir dans l'herbe alors que la route est large et qu'il n'y a pas de voiture. Elle pousse pour me dépasser, se place devant moi et ralentit. REALLY ?! Je me décale à gauche. Elle se décale à gauche. Ca m'énerve royalement. Quel intérêt ? Si tu me dépasses, c'est que tu cours plus vite que moi. Par contre, me dépasser juste pour être devant moi et ensuite me ralentir et me bloquer, c'est stupide. Je ne suis pas une grande athlète, elle non plus. Si ça avait été le cas, elle n'aurait pas été derrière moi. Je ne l'aurais tout simplement pas vu, du début à la fin. C'était la fin de la montée et un point d'eau nous attendait. J'ai bien ralenti pour me permettre de boire et en profiter pour laisser partir la femme. Qu'elle aille jouer à ça toute seule.

Après ça, je me souviens juste d'avoir géré mon pace, apprécié le paysage et le beau soleil. Je sais que j'ai calculé, au 8e mile (12.8 km), qu'il me restait 5 miles (8 km) et ça m'a fait serrer les dents. Petit coup de mou que je ne m'explique pas vraiment car ça ne se reflète ni sur mon pace, ni sur le dénivelé. Ca n'a pas duré bien longtemps car le parcours était intéressant, dans la campagne, un peu comme quand je rentre chez moi, dans le Sud Ouest de la France. Personne à mes côtés, mais les gens devant à ma portée. A chaque intersection, un policier pour faire la circulation. Les routes n'étaient pas bloquées mais ça ne le nécessitait pas. Les policiers faisaient en sorte que nous n'ayons pas à nous arrêter.

8.5 miles (13.7 km), montée assez raide pour récupérer le bike path. J'ai toujours Miss Athlète en ligne de mire. Lors de la montée, l'écart se resserre. Je fais ma course et je ne vois aucun intérêt à me casser pour passer devant. Je ne joue pas la place. Je ne sais pas combien de femmes ou personnes en tout sont devant et je n'en ai rien à faire. Par contre, après son petit numéro, si je peux me la faire, je ferais tout pour. Il ne faut pas trop me chercher.

Retour sur le bike path, on doit faire un aller-retour avant de tourner vers l'arrivée. Le demi-tour se trouve à 11.5 miles (18.5 km). Jusque-là, ce sera de la montée... et ça tire. J'ai remarqué que mes repérages de côtes n'étaient pas toujours très justes. J'ai envie de croire que, là aussi, j'ai faux et que le demi-tour sera au 11e mile... peut-être... sait-on jamais... on peut y croire, non ? Je rattrape Miss Athlète. Je me décale bien sur la gauche pour ne pas qu'elle me bloque et je la dépasse. Je m'attends à ce qu'elle suive ou accélère. Perso, je n'ai aucune intention de sprinter maintenant. Elle fera ce qu'elle veut... mais elle ne réagit pas.

Miles 8 - 9 - 10 / Km 12.8 - 14.5 - 16

Vous connaissez Zamy de "Nos voisins les hommes" ? Tenez, c'est cadeau (30e seconde). "Ca s'finit jamais !", voilà mon état d'esprit. Et puis, on voit le premier passer. Il y a donc bien un moment où on tourne. 1ère femme... impressionnant. Espoir, reboostage, toussa toussa. J'accélère. Le retour sera en descente, et là, ça déroulera.

11.5 miles, demi-tour, OUF ! Maintenant, il faut tout donner. J'ai pas extrapolé mes temps. Je regarde beaucoup moins souvent ma montre en course. Je checke juste que le ratio pace/effort est ok. Je n'ai jamais regardé le temps total. Maintenant qu'on est sur la fin, je calcule. Moins de 2 miles. Un pace de 7 min/mile (4:20 min/km) et je bats mon record (1:36:23, sur le semi-marathon de Reims, en Octobre 2013). A le battre, autant que je le batte le plus possible alors je booste.

Perdue dans mes calculs, je vois du coin de l'oeil, de l'autre côté, la femme qui pace pour l'objectif 1h45, avec un petit groupe de filles. J'entends un "Allez !". C'est le playboy, tranquillement entouré de demoiselles. J'vous assure, sluilà, toujours dans les bons coups !

Sur toute la fin, mon seul but était d'aller le plus vite possible. J'avais un homme au T-shirt gris devant moi. J'ai bien vu que je le poussais, mais, je ne faisais pas ça pour le dépasser. Je voulais battre mon record au mieux, c'est tout.

Miles 11 - 12 - 13 / Km 17.7 - 19.3 - 20.9

On a passé la ligne d'arrivée l'un derrière l'autre. Il s'est tout de suite retourné pour me dire, en rigolant, que je l'avais bien poussé sur la fin. Si ça a pu l'aider, tant mieux ! Moi, je voulais juste mon meilleur temps. Et je l'ai eu !

Crédit photo : Mike Wrather - www.athletez.com

Je finis ma course en 1:33:37, 4e femme sur 136, 13e sur 249 coureurs, 1ère de ma catégorie d'âge.

Super contente, de la course, de mon temps et de ma gestion. Une course dans la campagne, qu'est-ce que c'est agréable ! Certes, on n'avait pas de spectateurs, mais ça ne m'a pas dérangé, du tout. Et les montées ? Faut croire que je n'étais pas si mal préparée que ça. Pour tout dire, j'ai trouvé ça super intéressant. On gère son allure. On relance. On ne s'ennuie pas. C'est bien plus fun qu'un parcours tout plat. Je m'en doutais, mais j'avais peur de faire la course dans la douleur. Je suis d'autant plus contente d'avoir battu mon temps sur un tel parcours. Bon, ce n'est pas l'Everest non plus, hein. Et pour certains, ces côtes dont je me suis fait toute une montagne (hu hu hu) ne sont qu'une franche rigolade. C'était une première pour moi.

Et puis, j'voulais vous dire, je songe à me lancer dans une carrière de "runneuse de petites courses locales". L'ambiance est sympa. On passe un bon moment. Avec un peu de chance, il n'y a pas trop de concurrence. Et hop, on gagne un petit quelque chose. J'ai pas la classe avec mon nouveau sac ? (quand je vous disais, sur Facebook, que Kate Moss allait trembler...)


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Miles / km

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