10K Camarillo, 12/04/14, Joggin' for the Noggin'

Samedi, j'ai couru ma 1ère course en terres californiennes : "Joggin' for the Noggin'", un 10 km, à Camarillo. 1ère course de l'année, 1ère course en Californie, mais aussi, autre inédit : je finis 1ère des femmes !

Un 10K, je ne sais pas trop comment gérer la distance (court... mais long). Pour cette course, en particulier, le parcours ne me rassurait pas et je m'imaginais des Américains très compétitifs et super forts. J'essayais de me convaincre de le prendre cool (sans succès) en me rappelant que ce n'était pas mon objectif. Après retrait des dossards, la veille, j'avais constaté qu'il n'y avait pas de puce pour le temps donc un chrono général. Pour moi, ça voulait dire : tout le monde devant au départ - cohue - bousculades - jungle. La réalité fut toute autre !

Samedi matin, arrivés sur le départ de la course, on trottine aux alentours. Il n'y a pas foule. C'est bon enfant et un peu artisanal. L'heure approche et les gens arrivent petit à petit. Je cherche le point de départ qui est une simple ligne tracée au sol avec du scotch rouge. On se place, pas loin, sur le côté. Un jeune homme aux jambes affutées se place devant, au centre. On se regarde, avec le playboy, et il me dit : "Lui, tu le suis pas !". Ca a été le vainqueur de la course.
Je voulais ne pas être loin de la ligne de départ, mais, sur le moment, j'aurais eu envie d'être un peu plus "cachée". Pas serrés comme des sardines comme c'est souvent le cas, je ne me sentais pas très à l'aise et pas sûre d'être à ma place avec mister super athlète pas loin. On était bien loin de la jungle que je m'étais imaginée !

130 coureurs en tout, un mec sur un vélo pour ouvrir le chemin, quelques volontaires sur le parcours pour nous guider et des flèches tracées avec du scotch pour montrer le chemin, c'était la première fois qu'on participait à une petite course.

8h15, après un discours à l'américaine pour nous booster, coup de pistolet, et c'était parti. Je suis sûre d'avoir touché le bouton de ma montre. Soit j'ai mal appuyé, soit elle a buggué et ne s'est pas lancée.

Les écarts se sont faits de suite. J'ai dépassé 2-3 filles dès la 1ère ligne droite et je me suis retrouvée dans le groupe de tête, une seule fille devant moi. Ca m'a surpris et ça m'a fait peur. J'ai pensé au playboy qui, me voyant devant, devait se demander pourquoi j'étais partie si vite. J'ai vu 5:30 min/mile sur ma montre. J'avais le souffle court avant même de partir. J'ai un peu paniqué. J'ai décidé, en tout premier lieu, de me calmer pour reprendre une respiration de course normale. Ca a marché. Et puis, j'ai vu le temps affiché sur ma montre : 00:00. WHAT ? Ma montre ne s'était pas lancée. Ma montre et moi, on n'est pas copines sur les 10K.

Je connaissais le parcours : faux-plat montant jusqu'à mi-course puis demi-tour, avec 2 fois 2 routes à franchir en passant dessous à l'aide d'un combo "descente-montée" bien casse-pattes, et un zig-zag un peu bizarre sur la fin pour, j'imagine, atteindre les 10 km. Je voulais gérer la première moitié et pouvoir dérouler sur le retour.

J'aurais pu dépasser la femme devant moi mais je n'ai pas osé le faire de suite. Tentative timide à 1,5 km, le passage est étroit et elle m'empêche de passer. Est-ce qu'elle tient ce pace car elle sait que je suis derrière ? Est-ce qu'elle va doucement ? Est-ce que je la dépasse et je me ramasse lamentablement car elle accélèrera quand moi je paierai ça ?
Premier combo "descente-montée", j'ai l'habitude et je monte ça en flèche. La femme tient le coup, mais, je me rends compte que son souffle est bien rapide. Quelques mètres après, je la dépasse et elle ne suit pas. Je suis maintenant la 1ère femme. Les mecs devant sont bien étalés. Je n'entends personne derrière.

Situation totalement inédite pour moi. On est aux alentours de 3 km, je n'ai personne autour pour me donner un rythme. Je me dis qu'il faut que je gère ça bien et que je ne m'emballe pas. Je reste à l'écoute d'éventuels coureurs derrière moi.

Je croise un volontaire qui, le premier, me lance : "You're the female leader !". Gloups, je sais bien ! On court sur un bike path. Les seuls "spectateurs" sont les promeneurs du quartier qui passaient par là. Je récolte quelques "Good job !". Ca passe assez vite et, petit à petit, je vois de mieux en mieux le jeune homme devant moi. Difficile d'évaluer s'il est loin ou pas. Le demi-tour n'est plus loin. Je croise le leader. Ca envoie ! Un des hommes du top 5 me lance un "Good job, keep going !". Sympa car il a d'autres choses à faire que m'encourager.

Grâce au demi-tour, je me rends compte que l'homme devant moi est à portée. La distance entre moi et la 2e femme me rassure. Je vais bien et je sais que, maintenant, ça va descendre. Je croise le playboy beaucoup plus tôt que prévu (le mister a, encore une fois, couru bien plus vite qu'à l'entrainement). Je suis encouragée plusieurs fois par d'autres coureurs, et surtout par les femmes. Ca fait plaisir.

L'écart entre moi et l'homme devant s'est considérablement raccourci. Je sais que je vais pouvoir le dépasser mais je ne sais pas s'il va me talonner ou pas. Et puis, ravitaillement en eau au 7e km, il ralentit pour se servir, pas moi. Je passe devant.

Il n'a pas suivi. J'accélère. Un peu plus loin, un détour un peu bizarre du parcours me permet de voir où il est. La fin n'est pas loin. Il faut que je tienne le rythme.

Arrivée sur un terrain de foot, je passe le finish et je me dis : "Fudge, je SUIS la première femme. HHHHIIII !" L'homme qui était derrière moi vient à ma rencontre et me dit : "Je vous ai vu passer. Je n'ai pas réussi à vous rattraper." Je lui demande son temps pour situer le mien. Je sais que j'ai battu mon record de 43:10, reste à attendre pour savoir de combien.

Je ne sais pas si c'est lié à la sympathie naturelle des Américains, à la convivialité d'une petite course ou encore au côté sportif. Je n'ai aucun précédent français pour comparer. Toujours est-il que je me suis sentie un peu star après la course. J'ai eu droit à des high fives des 2 femmes arrivées après moi. Des coureurs sont venus me voir pour me féliciter et engager la conversation.
Les mecs, on refait ça QUAND VOUS VOULEZ !

Voilà pour les résultats officiels. D'après le chrono, je finis donc en 42:28, 1ère femme, 7e sur un total de 129 coureurs. J'ai même eu un cadeau : un bon d'achat dans une boutique de running.

Bien évidemment, je suis super contente. C'était certes une petite course, mais, je ne boude pas le plaisir de finir première des femmes. Ca a été une expérience inédite. C'est assez marrant de voir, à toute petite échelle, ce que c'est que de courir "en tête". Finalement, on est bien au chaud quand on est dans un peloton de coureurs !
Maintenant, je me demande si j'ai bien géré la chose. Ca m'a déstabilisé et j'ai peut-être pris trop de précautions. Je suis arrivée "bien". C'est peut-être une bonne chose... ou pas. Est-ce que j'aurais dû pousser plus ? Sur les 2 premiers kilomètres, les coureurs pouvaient voir ceux de devant. Le playboy m'a dit qu'il s'est demandé ce que je faisais car mon rythme était beaucoup trop relax par rapport à d'habitude. Clairement, je me suis ralentie sur le début, mais, je ne pourrais jamais savoir si j'aurais pu accélérer et tenir tout le long. C'est comme ça. Ca n'enlève rien au fait que j'ai battu mon record sur 10K... et que je suis maintenant riche et célèbre !


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