Reims à toutes jambes 2013, semi-marathon

C'était le 20 Octobre… oui, déjà. Mon semi-marathon objectif de l'automne. Celui auquel je pensais déjà cet été. La course sur laquelle j'ai basé mon entraînement depuis Août. Les efforts ont payé.

Le semi-marathon de Reims, je connais. Je l'avais déjà couru l'année dernière, très bonne expérience que je n'ai pas hésité à renouveler.
Après le 10 km Paris Centre, 2 semaines avant, j'ai eu un petit flottement niveau objectif pour Reims. J'avais basé mon entraînement sur un pace objectif de 7:45 min/mile. Objectif réalisable, à mon sens, connaissant mon pace de l'année d'avant : 7:58 min/mile. J'avais bien senti que mon pace naturel oscillait de plus en plus en dessous des 8 min/mile.
Et puis, le 10 km Paris Centre à l'aveugle et je me retrouve à courir 10 km à un pace que je n'aurais jamais envisagé possible. Ça m'a laissé dubitative quant à mes possibilités réelles. Et ça m'a boosté. Je ne voulais pas gâcher tout cet entraînement en me freinant sur le semi. Le Samedi, en arrivant à Reims, ma stratégie était définie : "tenter RÉELLEMENT d'accrocher les 1:40". Pas de course "en sécurité", pas de panique à la vue de ma montre. Je tente. Ça passe ou ça casse.

Samedi, samedi soir, dimanche matin, je suis étrangement calme. Aucune anxiété habituelle des veilles de course. J'ai bien dormi. Je me réveille sereine le dimanche matin. Et c'est ce calme en moi qui me rend anxieuse ! Ce n'est vraiment pas normal pour moi.

L'heure approche, on part en trottinant. Petite boucle avant de se décider à entrer dans la zone de départ. C'est le chaos. On se la joue bons élèves en rentrant par le fond, mais on n'arrive pas à progresser vers les flammes sur lesquelles on va se baser. Dans la foule, je perds mon playboy. Je suis coincée. Je ne suis même pas à la flamme 1h50. Je ne réfléchis pas 30 ans. Je saute les barrières, progresse dans la rue, et escalade une nouvelle fois pour me remettre dans la foule de coureurs. J'ai progressé mais je suis encore un peu loin de la flamme 1h40. Mission avant le départ : ne pas quitter ma montre des yeux pour ne pas perdre les satellites.

crédit photo : Office des Sports Reims

9h, c'est le départ. On piétine jusqu'à la ligne. Ça avance un peu plus vite après, mais c'est très lent. J'essaie de me faufiler mais sans succès. J'ai l'impression d'avoir des murs de coureurs escargots tout autour de moi. Je ne comprends pas pourquoi ça n'avance pas et pourquoi je n'arrive pas à doubler. Je suis sensée être avec des gens qui veulent faire 1:45 et ça papote tranquillement. Premier virage, je suis à l'arrêt. Je commence à perdre mon calme. Impossible de passer sur les trottoirs dans les premières rues. Il m'a fallu 1,5 km pour arriver enfin à me faufiler plus aisément. Forcément, mon rythme est pourri. Freinage, sprint, freinage. Au moins, j'aurais fait du fractionné ! Sur le parcours en ville, j'ai zigzagué, je suis montée sur les trottoirs, j'ai été freinée dans les virages. Après le 5e km, ça a commencé à se calmer.

7e km, sortie de la ville, on entame la remontée du canal. ENFIN, j'arrive à me caler sur un rythme. ENFIN j'ai des gens autour de moi qui sont au même rythme que moi. Jusque là j'ai lutté pour que mon 1er mile ne soit pas à un pace trop pourri. J'ai accéléré n'importe comment sur les suivants pour rattraper le premier. Ça commence maintenant.

Finalement, je n'ai pas perdu trop de temps. Je tiens un rythme soutenu pour passer les 10 km aux alentours de 48 minutes. J'ai décidé de tenter les gels sur ce semi marathon. On les avait essayés sur quelques long runs. En approchant des 10K, j'en sors un pour commencer à en prendre et faire passer avec l'eau du ravitaillement.
10e km, j'attrape une bouteille d'eau. J'alterne gel-eau. Ça me fera ma distraction jusqu'au 11ème km. Le gel est plus sucré que dans mes souvenirs. Ça m'écœure un peu.

Longue ligne droite dans une zone industrielle, avant un demi-tour, mais ça passe mieux que ce que je redoutais. Regarder les premiers de l'autre côté me fait office de distraction. Je tiens un rythme soutenu mais je vais bien. Demi-tour, je me cale sur la droite pour voir mon playboy de l'autre côté. Encore une petite distraction pour faire passer les kilomètres. Je scanne les coureurs, en vain. Je suis un peu déçue. J’espère que tout va bien de son côté.

Aux alentours du 12e-13e km, moment de panique : les lacets de ma chaussure gauche sont en train de se faire la malle. Mon côté dramatique ressort : “Je ne PEUX PAS m’arrêter. Je vais perdre de précieuses secondes. Tous mes efforts vont être anéantis.” (oui… je sais !) Je réfléchis au moyen le plus rapide de remédier à ça. Je me répète mentalement les gestes à faire si arrêt il y a. C’est presque une opération chirurgicale ! Je décide de ne m’arrêter que s’ils se défont entièrement. Ca n’arrivera pas. Encore une fois, toutes ces tergiversations me serviront de passe-temps.
Nous avons maintenant traversé le canal et nous le longeons. Je sens que je force, mon souffle est un peu court mais je vais bien. Je me dis que rien n’est encore joué et qu’il faut que je m’accroche. Je n’essaie pas d’extrapoler mon temps. J’attends le ravitaillement du 15e km pour faire mes petits calculs. Ce ravitaillement arrivera un peu plus tôt que prévu, avant le 15e pour éviter de le mettre en pleine montée. Je prends une bouteille d’eau. Je décide de ne pas prendre mon 2e gel et opte pour un sucre que j’avais dans la poche.

10e mile, je sais qu’il ne me reste que 3.1 miles (5 km). Maintenant, je peux faire mes calculs. Pour 1:40, même si je veux ralentir à un rythme plus simple pour moi, je les aurais. Pour 1:35, ça va être trop difficile mais on n’est pas très loin. Je vais bien. L’année dernière, je l’ai joué safe. Cette année, je décide d’y aller. Je n’aurais pas les 1:35 mais j’aurais le mieux que je peux. Il reste 3 miles, je vais me la jouer progressif.

Je décide de maintenir ma vitesse sur le 11e mile, puis d’accélérer sur chacun des suivants. On a fini de longer le canal et on est entré dans des zones résidentielles. Il y a pas mal de monde dehors. Je connais le parcours. Ca va aller.

18e km, je me concentre. J’avais loupé le 19e l’année dernière. Je veux savoir où j’en suis. J’ai un géant vert devant moi (un grand blond baraqué au T-shirt vert qui me fait penser à un Suédois…). Je le rattrape progressivement. Mon but n’est absolument pas de le doubler car je veux rester régulière. Mais je finis par le doubler. Je n’en fais pas cas.

19e km, cette fois, je l’ai vu. On y est bientôt. Le 12e mile bippe à ma montre. Je la regarde. Je lis le chiffre dessus. Mais, sur le moment, je suis incapable de retenir plus de 1 ms ce que je viens de lire. Je ne sais pas quel est mon pace. Je sais juste que je suis ok et que j’ai accéléré.

Je vois un truc vert qui me dépasse. C’est le retour du géant vert ! Je me disais bien qu’un grand baraqué comme ça n’apprécierait pas de se faire doubler par un petit gabarit comme le mien ! Mais bon, peut-être qu’il en gardait sous le pied pour la fin. Je ne me déconcentre pas.

Je ne suis plus loin de la dernière difficulté du parcours : un pont pour clôturer le 20e kilomètre. Quand je le vois au loin, je me prépare. Je ne veux pas ralentir. Je vois mon géant vert devant qui se rapproche de moi. Il a ralenti. Il lutte un peu mais je finis par le doubler. Je suis en haut du pont. C’est le 20e kilomètre.

L’année dernière, je n’avais pas su quand sprinter sur la fin car je ne savais pas où était la ligne d’arrivée. Cette année, je sais. La descente du pont me donne un élan et je décide de maintenir cette allure jusqu’à la fin. Au pire, je meurs sur le bas-côté de la route…
1 km, c’est quand même un peu long pour sprinter. Je m’essouffle. Je vais mourir. C’est aussi long que ça cette ligne droite ? On tourne QUAND vers la ligne d’arrivée ? C’est bientôt fini, tiens bon. Ok, arrête de sprinter un peu, mais maintiens un bon rythme. On y est ? Cette fois c’est la bonne, virage sur la droite, c’est la ligne d’arrivée. Sprinte !! Oh purée, elle est quand même loin cette arche ! Donne tout !!

Passage de la ligne, arrêt de la montre. Mon souffle siffle. Je ne peux plus respirer. Je vais mourir. Je regarde ma montre : 01:36:27. Ok, je n’ai plus mal nulle part. Je survivrai. YYYEEESSS !!

Super contente de cette course car je l’ai bien gérée. Le départ chaotique m’a fait un peu peur mais ce sont les aléas des courses. Une fois que ça s’est décanté j’ai pu suivre mon rythme. Je n’ai pas eu de réel coup de mou sur le parcours. J’ai pu accélérer progressivement à partir du 10e mile, et je sais que j’ai tout donné à la fin. Rien à regretter.

Juste pour info : le géant vert a fini derrière moi ;-) Vous le voyez ?

Résultats Garmin :

Résultats officiels : 01:36:23

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Prochaines courses

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Miles / km

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