10 km Paris Centre 2013

10 km Paris Centre, 10e édition, dimanche 6 Octobre 2013, 10h... j'y étais. Comme dirait Nike, le sponsor : JUST DO IT. J'ai pas été contrariante : I DID IT.

Je fais peu de courses. On reparlera du pourquoi du comment si ça vous dit. Je m'entraîne avec pour objectif un semi-marathon, et dans le lot, j'ajoute minimum une course. L'objectif de cet automne : le semi-marathon de Reims, le 20 Octobre (on ne change pas une équipe qui gagne). En 2012, j'avais testé et approuvé la course '10 km Paris Centre'. No brainer, cette année, j'ai retenté l'expérience.

Et voilà comment, dimanche matin, à 7h, j'étais en train d'avaler mon petit-déjeuner (et de faire des photos Instagram). Je ne m'étais pas entraînée spécifiquement pour un 10 km, le but étant le semi-marathon. Objectif tout bête : battre mon temps de l'année dernière, de 46:52. J'avais même joué les téméraires en annonçant haut et fort à mon playboy parisien : "Je veux faire dans les 45, voir sur ma montre : 45:xx." Courageuse, j'avais calculé l'allure moyenne pour faire 45:00 : 7:15 min/mile - 4:30 min/km... quand même... allure que j'atteins, certes, mais quand je fais des tempo runs ou du fractionné. Malgré tout, ce pace était dans ma p'tite tête : objectif des objectifs.

Comme d'hab', étant par nature non stressée, confiante et non dramatique, j'étais super zen quand on est partis de chez nous. Etant toujours en entraînement semi-marathon, on a rejoint le départ de la course en courant. 3 kilomètres à allure lente pendant lesquels je me suis rendue compte que : "Au secours, on court super lentement et c'est déjà dur ! Je sais même pas comment j'ai fait pour courir aussi vite l'année dernière !" ZEN... TOUJOURS.

Arrivés au Palais Royal, petits bavardages de conseils et encouragements divers avec des amis dont c'était la première course, et c'était parti pour rentrer dans les SAS. 3 SAS : -50 min / -1h / +1h. On s'est positionnés dans le premier.
Nous avons eu droit à un présentateur de choc pour nous expliquer les règles du jeu : Denis Brogniart, Monsieur Koh Lanta. Cette année encore, Nike avait décidé de mettre l'ambiance et a ajouté des surprises sur le parcours :
- au cours du 9e kilomètre, une speed zone : objectif, accélérer sa vitesse moyenne pour être pris en photo
- dépasser ses limites, en choisissant de continuer la course avec un tour d'honneur de 1 km après la ligne d'arrivée

Lors de l'échauffement, je me suis rendue compte que ma montre Garmin avait perdu les satellites. Il restait encore 15-10 minutes avant le départ. J'ai relancé l'initialisation.
H - 10 minutes... toujours rien, je stresse... mister playboy se moque de moi.
H - 5 minutes... toujours rien, je commence à paniquer... mister playboy se moque toujours.
H - 2 minutes, départ des handisports et toujours pas de satellites... je ne rigole plus du tout. Je commence à envisager le départ sans pace. Je me raisonne : "c'est pas bien grave, tu pars, tu les récupèreras en cours de route".
H - 1 minute, je me fais une raison. Ce sera au chrono. Panique à bord, je n'ai aucun repère sur les kilomètres.
(J'ai commencé à m'intéresser sérieusement au running et fait mes premières courses alors que je vivais à New York. Là-bas, on parle en miles et les allures sont données en min/mile. J'ai acheté ma montre à NYC. Mes premiers repères ont été en min/mile. J'ai gardé ma montre en miles.)
Il m'a fallu 30 secondes et l'aide du mister (ouais, je suis douée en calcul mental) pour arriver à sortir : 4min30s au kilomètre pour les 45 minutes.

Coup de sifflet de départ, je souhaite bon courage à mon playboy, et vogue galère. Je lance mon chrono au niveau de l'arche, et je me faufile comme je peux pour m'extraire du chaos des départs.
Le premier km, je n'ai pas le temps de réfléchir, je cours et j'essaie de me placer confortablement. Quand je passe le panneau indicateur du 1er kilomètre, je regarde ma montre : je suis à moins de 4:30. Ca va. C'est normal d'aller plus vite sur le 1er km.

2e kilomètre, je commence à faire mes calculs dans ma tête (c'est encore plus dur en courant, j'ai le cerveau embué) : "km 1 - 04:30/ km 2 - 09:00 / ...."
On arrive rue de Rivoli. On passe le 2e kilomètre. Je regarde ma montre : moins de 9 minutes.
"où, j'en étais ? ... km 4 - 18:00... pour les 5 km, c'est facile... km 5 - 22:30... ok, ça je m'en souviendrais"
Toujours rue de Rivoli, je me fais violemment bousculer par la gauche par un jeune homme qui ne s'excuse même pas. Je me permets de lui signifier mon mécontentement. Ce charmant jeune homme se retourne et se permet de me lancer : "tu n'as qu'à te mettre dans le bon SAS !". Mon sang n'a fait qu'un tour, à la fois d'énervement et de surprise. Les machos existent donc toujours. Car ne vous déplaise, cher monsieur, j'étais dans le bon SAS. Je doublais beaucoup plus que ce que je ne me faisais doubler depuis le début. Et, j'étais d'ailleurs confortablement à la hauteur d'un autre monsieur depuis quelques centaines de mètres.
Au moins, ça m'aura fait une distraction que j'ai ruminé pour au moins un kilomètre.

Au 5e kilomètre, j'ai cru voir que j'étais aux alentours de 22:30. Je ne me souviens pas très bien. J'ai progressivement abandonné mes calculs et mes regards sur mon chrono. Ca ne servait à rien. J'ai demandé à un monsieur qui était à côté de moi depuis un moment s'il avait la vitesse moyenne. Il m'a dit : "on est dans les 04:30... même en dessous". J'ai remercié et je me suis dit qu'il fallait que je tienne le rythme des gens autour de moi. Je devais être avec ceux qui voulaient faire 45 minutes. Je me suis concentrée pour courir aux sensations. Ne pas me faire dépasser. Dépasser si possible. Tenter de sentir mon rythme et le tenir.

Au 6e kilomètre, j'ai commencé à trouver long.
8e kilomètre, des panneaux ont commencé à nous prévenir de la speed zone. Un premier tapis et un panneau pour nous dire de commencer à accélérer MAINTENANT. Je n'ai pas joué le jeu. J'allais vite. Il restait quand même 1,5 km. J'ai tenté d'accélérer un peu mais je n'ai pas fait un grand effort. Tant pis pour la photo.
Comme l'année dernière, il y avait quand même une horde de photographes au niveau de la Place Vendôme. J'ai bien tenté le sourire. On verra si j'ai réussi.

Grâce à toutes ces distractions, le 9e kilomètre est passé très vite. Je m'étais promis d'accélérer sur le 10e kilomètre. J'ai tenté le coup. J'ai cru accélérer.
Arche d'arrivée en ligne de mire, je me concentre pour ne pas louper le passage à gauche pour le kilomètre en plus. Longue ligne droite, je passe l'arche, je ralentis et je souffle. Je continue à courir en me demandant ce qui nous attend sur ce kilomètre bonus. Il y a beaucoup de gens qui marchent. Je ralentis mais cours toujours. Des haies d'honneur avec canons à confettis nous accueillent. Les gens de Nike avaient été bien coachés. C'était vraiment la fête sur ce dernier kilomètre !

Finalement, j'arrive à une arche "d'arrivée" où il est écrit "There is no finish line"... euh si, quand même ??
Je m'arrête. On me donne ma médaille. Je vais vers le ravitaillement. Et je pense à ma montre... fuck !! Je n'ai même pas arrêté ou regardé ma montre au 10e km... Je l'arrête sur 48:30. Etant donné mon oubli et le kilomètre en plus, je suis contente de moi et me dis que j'ai atteint l'objectif : je dois être dans les 45 minutes.

J'attends mon playboy à l'arrivée qui, lui, avait sa montre et qui a fini en 46:03. Je lui raconte mes péripéties. Je ne tente pas les extrapolations de temps, on verra bien les résultats officiels. Connaissant le temps de Mathieu, j'étais sûre d'être dans les 45 minutes.

On traîne un peu sur le village de la course, et on rentre chez nous en courant, comme on était venus.
Vers 17h, résultats en ligne, et j'ai vu ça :

Marjolaine - 43:10
REALLY ?! Attends, sérieusement ?? Allure moyenne : 4:19 min/km... petit calcul (merci pace calculator) : 6:57 min/mile... QUOI ??

Je ne me serais jamais cru capable d'un tel temps. Quand je vois le pace moyen que j'ai tenu sur 10 kilomètres, je me dis que je n'aurais JAMAIS fait ce temps si j'avais eu ma montre. Sûr et certain. Si j'avais vu moins de 7:15 min/mile (à plus forte raison moins de 7:00 min/mile) sur ma montre, j'aurais ralenti. Ce pace là, pour moi, c'est un pace de sprint.
J'ai couru à l'aveugle, aux sensations. J'ai forcé, je le sais, et je m'en suis rendue compte. Ca n'a pas été super facile, mais j'ai géré mon effort. Je pensais être à un rythme pour faire 45 minutes. J'étais contente de moi car je ne me suis jamais "sentie mourir", j'ai pu accélérer sur la dernière ligne droite, et j'ai même ajouté le dernier kilomètre avec le sourire. Et j'ai géré tout ça alors que j'étais à un pace que je ne me croyais pas capable de tenir.
Face aux résultats, je me dis une chose : c'est fou comme on se met nous-mêmes des limites.

Alors là, pour le coup, je le dis haut et fort : je suis fière de moi... et je pense que je vais jeter ma montre... non non, je l'aime quand même !

PS : Recherche un porteur de montre pour me mener à la ligne d'arrivée du semi-marathon de Reims, le 20 Octobre. Je lance une nouvelle mode : le running à l'aveugle. J'aime bien. Mais j'aime aussi pouvoir analyser mes splits à la fin.

Prochaines courses

  • NONE

Miles / km

  • 1 mile = 1.6 km / 1 km = 0.6 mile
  • 5K = 3.1 miles
  • 10K = 6.2 miles
  • half marathon = 13.1 miles = 21.1 km
  • marathon = 26.2 miles = 42.2 km